Mystérieuse Anna
Sonia Chiriaco
"Extrait du livre Le désir foudroyé – Sortir du traumatisme par la psychanalyse"
Editions Navarin
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Mystérieuse Anna
Sonia Chiriaco
Extrait du livre « Le désir foudroyé »
Mystérieuse. Anna aimait se voir ainsi dans le regard des autres. Elle cultivait le silence pour accentuer le mystère. Ce plaisir secret teinté de souffrance était un voile jeté sur le vide profond qu'elle ressentait. Derrière le mystère, il n'y avait rien à voir, elle n'avait rien à dire, se sentait ignorante, inutile, sans consistance : « une enveloppe vide ». Anna était captive de ce vide douloureux qui la rendait mystérieuse. Là était son paradoxe, le piège dans lequel elle s'était engouffrée et qui la conduisait maintenant à l'analyse.
IDENTIFICATIONS MORTIFÈRES
Un grand chagrin d'amour, dont elle ne se remettait pas, avait précipité sa rencontre avec l'analyste. L'homme qu'elle aimait l'avait quittée pour une autre. La blessure était profonde. Cette trahison de l'homme aimé avait eu valeur d'interprétation. Il avait percé le mystère qui cachait son manque-à-être, ce qu'elle appelait son vide. Anna était démasquée, à terre, sans force, humiliée.
Désormais, un profond sentiment d'abandon l'habitait, qui résonnait avec le mal-être qu'elle connaissait depuis l'enfance. Anna pleurait, se demandant avec angoisse si elle n'était pas en train de rejoindre le destin d'une tante suicidée à l'âge de vingt ans. Elle était fascinée par cette femme dont la mort était restée longtemps mystérieuse, dont sa famille n'osait parler. L'analyse allait découvrir que son être de mystère puisait dans cette identification. Auprès de ses proches, Anna avait pu vérifier qu'en étant morte, on est enfin regretté et aimé. Reconnu. Ainsi, il aurait fallu mourir pour vivre. Les idées suicidaires de la jeune femme se nourrissaient de ce fantasme.
On attend de l'analyse un rapide soulagement, et celui-ci advient bien souvent dans les débuts de la cure. Parler de son mal-être apaise. Mais l'analyse vient aussi troubler les arran¬gements névrotiques qui permettent au sujet de supporter sa condition. Le paradoxe d'Anna fut vite bousculé : la jeune femme se sentait coupable de venir chercher ce qu'elle n'avait pas le droit de savoir, secrets de famille concernant sa tante ou la mort inexpliquée d'aïeux plus lointains et au-delà, secrets concernant la relation entre ses parents. Le mystère était à la fois un signifiant majeur et l'habit imaginaire dont Anna se parait. Elle voulait le percer et désirait en même temps le préserver. Cet antagonisme au coeur de son analyse allait lui rendre la tâche difficile et ce, d'autant plus que le savoir qu'elle supposait à l'analyste la confrontait très directement à son symptôme : habituellement, Anna laissait toujours parler ceux à qui elle prêtait le savoir et restait prudemment silencieuse. Ici, le dispositif analytique l'en empêchait, l'incitant à la parole. Elle était venue pour ça.
Derrière la mystérieuse, se cachait « l'abandonnée », un qualificatif qui la remplissait de honte. Être célibataire était devenu la marque honteuse, la tache qui désignait son manque. Anna ne sortait plus pour ne pas avoir à se montrer ainsi. Humiliation et repli.
Comme la plupart de ses amies, la jeune femme aurait voulu un enfant, mais elle était persuadée que cela ne lui serait pas accordé, qu'elle ne pourrait jamais donner la vie, car elle-même n'était « pas encore faite ». Elle se sentait vieillir sans pouvoir devenir adulte. Il ne lui resterait bientôt plus qu'à être « la vieille fille » après avoir été la petite fille blessée.
RAVAGE
De toutes ses blessures, elle accusait sa mère, « vide » comme elle, mais qui parlait pour ne rien dire, tandis qu'Anna avait choisi le silence de son père. Sa mère était un tourbillon qui ne semblait jamais voir ni ses enfants, ni son mari qu'elle avait épousé par dépit après un échec amoureux. Elle s'en était confiée à sa fille, précisant que sa vie s'était arrêtée là, à ce chagrin de ses vingt ans. Le deuil n'avait jamais été fait. Parole redoutable qui dépréciait le père de manière radicale et suggérait aux enfants qu'ils ne comptaient pas. Un jour de colère, Anna s'était vengée, trahissant sa mère en parlant devant tout le monde de cet amoureux. À son insu, elle humiliait aussi le père. Et voilà qu'elle se retrouvait trahie par un homme ! Le ressort, disait-elle, était cassé de la même manière et cela lui faisait horreur. Autre identification mortifère dont il lui faudrait desserrer les liens.
La revendication d'Anna envers sa mère était immense, douloureuse. Ce ressentiment allait occuper longtemps le devant de la scène analytique. Sa mère lui avait toujours fait peur ; elle trouvait ce sentiment affreux, s'en sentait coupable. Elle ne gardait que des souvenirs d'affrontements : colères, menaces, crises imprévisibles, cris.
Son plus vieux souvenir remontait à ses quatre ans : c'était la prière du soir dans la chambre des enfants. Tandis que sa mère marmonnait, agenouillée au pied d'un lit, Anna posa une question : pour toute réponse, elle n'obtint que le silence. La petite fille insista mais, à nouveau, elle ne rencontra qu'un vide angoissant. Absence maternelle incompréhensible, solitude absolue. La mère, tout occupée par sa conversation avec Dieu, avait disparu dans un autre monde où l'enfant n'existait plus. Puis, soudainement, une fois la prière achevée, elle réapparut telle une furie, pour lui administrer une gigantesque fessée. De ce souvenir-écran qui allait devenir l'un des leitmotivs de la cure, Anna datait le moment où elle s'était sentie éjectée du royaume maternel, abandonnée. Désormais, elle serait transparente à sa mère, à cette force furieuse qui frappait sans explication. L'instant garderait à jamais son opacité. Anna resterait suspendue à sa question sans réponse, exclue du savoir. Punie pour avoir voulu s'en approcher. Définitivement, le savoir serait dans l'Autre et elle n'y aurait pas accès. Définitivement, sa mère l'avait quittée et elle ne le lui pardonnerait pas. L'inhibition serait sa réponse symptomatique.
Dans une analyse, le sujet retrouve les paroles qui l'ont meurtri, les dits qui, poursuivant subrepticement leur maléfice au fil des années, l'ont entravé, laissant intacte la douleur. L'analyse leur fait perdre de leur pouvoir mortifère. Pour Anna, l'entrave était autant dans le silence, l'absence de réponse maternelle, que dans la parole blessante. La fessée à la place de l'explication et, plus tard, les colères maternelles immotivées viendraient toujours donner raison à la peur de la mère. Depuis l'enfance, une vague immense qui allait l'anéantir se glissait dans ses cauchemars. Tempêtes, raz de marée ; régulièrement, la mer déchaînée lui montrait sa face dangereuse, lui indiquant qu'elle ne parviendrait jamais à se mettre à l'abri. Le silence était son refuge.
De tout cela, Anna avait construit le fantasme d'une mère cruelle « qui se nourrissait du sang de ses enfants » et risquait toujours de l'engloutir. Ce fantasme faisait écho au récit concernant sa naissance : sa mère racontait volontiers qu'elle avait perdu « tout son sang » pendant l'accouchement. Anna avait traduit qu'elle avait « pompé » sa mère, « pris sa substance ». Elle l'avait « volée de quelque chose ». Le fantasme de la mère vampire inversait donc cette proposition : ce n'était plus la fille qui avait pompé le sang de la mère en naissant, la mettant en péril, mais la mère qui devenait dangereuse, telle une ogresse insatiable. « Ma mère m'a donné la vie, mais je ne l'ai toujours pas reçue », reprochait Anna. C'était là, dans ce moment inaugural de la vie que ça s'était passé. Cette fille qui disait n'avoir pas été désirée, était elle-même insatiable, attendant éperdument la reconnaissance. Et, bien sûr, sans jamais rien demander à l'Autre.
Anna ne cessait de vouloir vérifier l'amour de la mère. Elle rejouait cela dans l'analyse, s'absentant pour observer que l'analyste l'attendait bien, disparaissant pour mieux revenir. Elle restait toujours dans l'attente d'un signe de l'Autre. Anna rêvait qu'elle se dédoublait, l'une était morte et l'autre regardait combien elle était regrettée. Quand elle se plaisait à imaginer les sentiments des autres après sa mort, c'était principalement la mère qui était visée. « Que suis-je pour elle ? » — se demandait Anna.
La cure permit de découvrir que tous ces fantasmes s'enracinaient dans un souvenir « horrible, puis délicieux », condensateur de détresse et de bien-être, qui allait devenir une pièce maîtresse de l'analyse.
Scène traumatique, fascinante, fondamentale : Anna avait cinq ans, elle se réveillait d'une opération des yeux après le moment troublant de l'anesthésie. Autour d'elle, tout était noir. Elle ne voyait rien, elle était perdue. Seule. La petite fille avait le sentiment d'avoir elle-même disparu. Effacement du sujet. Soudain, dans ce noir absolu, elle entendit au loin, puis plus près, la voix maternelle qui la ramenait à la vie. Sa mère était donc là, présence apaisante qui la sortait du néant angoissant d'où elle venait. Dans l'obscurité complète où était plongée la petite fille, la voix familière lui avait redonné son unité et la faisait exister. C'était cela dont Anna se souvenait le plus précisément : ce moment où le regard avait totalement disparu, où il marquait sa présence en creux, et l'instant d'après, dans ce creux, la voix de sa mère qui venait à son secours et la ramenait à la vie. Voix et regard étaient devenus les objets pulsionnels prévalents pour ce sujet.
Le mutisme d'Anna devant le désir de l'Autre apparaissait désormais comme une réponse à ce souvenir de la voix maternelle dans le noir. L'endroit et l'envers d'une même jouissance. Dans le mutisme, il s'agit bien de disparaître pour l'Autre. Anna jouissait en secret de se dérober à l'Autre... pour en attendre une reconnaissance qui ne viendrait pas. Éternisée dans l'attente de l'Autre. Que l'Autre vienne et la stratégie névrotique aurait échoué. Le désir de l'hystérique doit rester insatisfait, car c'est le désir lui-même qui est désiré. Anna se privait pour ressentir le désir. C'était une manoeuvre qu'elle connaissait bien depuis l'enfance.
Cet amour douloureux pour la mère s'était aussi nourri de dégoût. Anna l'avait ressenti quand elle avait découvert que sa mère était « une femme physique » avec des odeurs, « un corps sexué sous une chemise de nuit transparente ». Les enfants sont toujours surpris par cette découverte que leur mère est aussi une femme dont le désir est dirigé ailleurs que vers ses enfants. Souvent, ils observent que c'est le père qui est désiré et ils le jalousent avant de l'admirer. Ici, les choses s'étaient un peu compliquées, car le père d'Anna n'était pas aimé de la mère. C'était en tout cas ce que la jeune femme avait déduit à partir des indices maternels. La mère avait aimé auparavant un autre homme, à qui elle restait vouée à jamais. Son désir semblait inaccessible.
Quant au père, s'il était tendrement aimé de sa fille, il n'en était pas pour autant admiré. L'amour pour lui se teintait de pitié du fait même qu'il n'était pas désiré de la mère. La maladie invalidante, dont il souffrait depuis quelques années, n'avait fait que renforcer ce sentiment. Cependant, Anna se rappelait que des trois enfants, elle était sa préférée. Mais ce père, qui avait été pour elle « un aimant », était devenu un « repoussoir. » En découvrant combien il l'avait déçue, Anna faisait l'hypothèse que la chute du père avait entraîné la sienne. « Je suis la femme sans qualités », aimait-elle à dire. Dans cette formule qui l'avait séduite au décours d'une lecture, elle reconnaissait l'identification à son père déprécié par la mère : son père était « l'homme sans qualités » pour sa mère.
« Je ne suis plus accrochée à rien depuis que je ne suis plus accrochée au fil de mon père », disait-elle encore. C'était donc ça: ce sentiment de flottement venait de son père qui l'avait lâchée.
Pendant la petite enfance, père et fille étaient complices contre la mère. Anna s'amusait à le surprendre quand il regardait la télévision, en cachette, « comme un enfant », et elle restait à la regarder avec lui. Elle savait que, pris en faute, il n'oserait pas lui refuser ce plaisir. Anna cherchait donc à le prendre en défaut pour mieux le protéger : deux manières de dire l'impuissance paternelle. Comme elle, le père n'était qu'un enfant qui faisait des bêtises en cachette de la mère redoutée. C'est à ce père-enfant qu'Anna s'identifiait, s'imaginant ainsi que son amour pour lui était sans danger.
ANGOISSE, DÉSIR, HONTE
Or, l'analyse, en prenant forme, révélait un conflit œdipien ravageant. La mise en perspective des éléments infantiles permit d'abord à Anna de sortir de son isolement. C'était bien le désir des hommes qui la rendait mutique. « C'est comme si un serpent se dressait devant moi et me paralysait par son regard », disait-elle. Le phallus, le regard de l'Autre la réduisaient au silence. Mais surtout, Anna avait honte de ses propres désirs.
Son silence mystérieux était une réponse au désir de l'Autre. En croyant masquer son manque, Anna l'exposait. Stratégie névrotique à laquelle les hommes n'étaient pas insensibles. Nous avons vu comment les objets pulsionnels, voix et regard, s'étaient dégagés dans la cure : le mutisme d'Anna devant le regard de l'Autre s'enracinait dans ces deux moments précoces de perte et de retrouvailles avec la mère, lors des scènes de la prière puis de l'opération. Le repérage de ce nouage par le symptôme rendit celui-ci moins virulent.
La reprise d'une vie sociale montra cependant qu'Anna n'était attirée que par des hommes déjà pris, désirés par d'autres femmes. Sachant que la relation était d'emblée vouée à l'échec, il lui semblait qu'il lui serait plus facile de renoncer, de s'effacer. Anna ne voulait prendre aucun risque et, en cela, c'est à son identité de victime qu'elle refusait encore de renoncer. Elle se cantonnait à être l'Autre femme, celle qui, en fin de compte, serait la délaissée, comme l'avait été sa mère.
Dès l'adolescence, Anna avait été séduite par un homme interdit et inaccessible. Elle lui avait d'abord supposé le savoir, mais il avait chuté à ses yeux dès lors qu'il s'était abaissé à lui dévoiler ses désirs sexuels. À partir de ce moment, la jeune femme n'avait plus cessé d'être déçue par les hommes.
Sa position d'éternelle abandonnée lui allait comme un gant et elle y puisait la jouissance incluse dans son symptôme.
Dans ses fantasmes, Anna n'était pourtant pas toujours la victime. Petite fille, elle se rappelait ce jeu imaginaire où, chez les cannibales, elle devait décider, entre deux personnes aimées, laquelle serait mangée. Choix difficile qu'elle parvint à préciser au fil de l'analyse : elle sacrifiait toujours sa petite soeur qui devenait l'objet oral à dévorer. Cette fiction faisait écho à celle, plus tardive, de la mère dévorante. Jeu de miroir entre Anna et l'Autre, qui faisait intervenir les protagonistes du drame oedipien. Elle avoua en avoir voulu à son père d'avoir « commis » la petite soeur. Elle, la fille préférée, avait donc été trahie par le père. Anna prenait la mesure de ces découvertes en résumant le changement qui s'était opéré grâce à la cure : elle était passée du sentiment d'être « vide » à celui d'être « vague », « sans contour », « accrochée à rien ». Elle savait que cette apparente petite différence était un saut décisif. La jeune femme s'était construite sur le silence et avait découvert l'importance de la parole ; en chemin, elle avait surtout cerné ce qui lui faisait honte.
Ce sentiment s'enracinait dans deux souvenirs cruels de l'enfance : Anna avait volé, d'abord une balle, puis un chocolat. La honte ne portait pas tant sur ces vols que sur l'incapacité à les avouer malgré les preuves flagrantes de sa culpabilité. Elle était restée pétrifiée, muette, terrorisée face à celui qui la confondait, tout comme maintenant devant le désir de l'Autre. Elle n'avait jamais désiré quelque chose aussi intensément que ces deux objets insignifiants ; Anna désirait plus que tout l'objet de l'Autre, comme elle désirait maintenant l'homme des autres femmes. L'interprétation de l'analyste avait dévoilé sa position subjective ; Anna allait pouvoir s'en dégager.
LE RÊVE DES TROIS CORBEAUX
C'est un rêve qui lui permit de trouver le chemin de la sortie : « J'étais avec deux corbeaux. L'un était le père de l'autre. On me disait qu'un troisième allait venir, plus beau, avec un magnifique plumage ; mais quand il arrivait, il était affreux, déplumé, maigre et vieux. C'était la mère... On grimpait une colline, il n'y parvenait pas, car il n'arrivait pas à voler, il était trop chétif et lent, comme mon père. Je le regardais en me disant que je n'y pouvais rien, et puis je m'en allais. »
Ses associations la conduisirent à articuler qu'il ne s'agissait que d'elle-même dans ces trois corbeaux, de ses propres identifications au père défaillant, à la mère abandonnée, identifications qui étaient en train de se défaire. Le rêve était venu condenser, pour mieux les séparer, l'objet regard, les identifications et un signifiant fondamental, « voler », dont la puissance se révélait au moment même où elle s'évanouissait. Anna lâchait ce qu'elle avait toujours voulu « voler » à l'Autre, du chocolat à la balle de l'enfance, en passant par l'objet du désir supposé de ses parents.
Derrière le beau plumage désiré, se dévoilait « l'image de l'horreur », l'impuissance paternelle et sa propre castration, son propre rapport au manque féminin. Au-delà, le « corps beau » et désirable découvrait son statut de semblant. En perdant son opacité, le drame avait aussi perdu de sa consistance. Anna pouvait rompre avec la jouissance incluse dans son identification à la délaissée.
Ce récit de rêve avait amorcé le dénouement de l'analyse.
Peu après, elle fut certaine d'en avoir terminé avec ce qu'elle avait si souvent appelé son « sentiment d'abandon ». Elle ne s'était pas seulement séparée de l'homme qui l'avait quittée à l'orée de la cure, mais surtout de son identité de femme abandonnée. Elle quitta l'analyste sans homme à ses côtés, assumant la solitude absolue qu'elle avait rencontrée, persuadée cependant qu'elle pourrait consentir à une relation durable si l'occasion se présentait. Elle ne serait pas la « vieille fille redoutée » qui la fascinait tant. L'angoisse s'était dissoute.
Épilogue
Quelques années plus tard, je reçus une carte d'Anna m'annonçant fièrement la naissance d'un petit garçon et les nombreuses transformations survenues dans sa vie peu après la fin de son analyse. Elle avait changé de ville, de métier et vivait désormais avec le père de son enfant. Elle n'était plus tout à fait la jeune femme mystérieuse qui, un jour, avait osé frapper à ma porte.