Le sinthome, un mixte de symptôme et fantasme
Jacques-Alain Miller
"Revue de la Cause freudienne n°39"
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Le sinthome, un mixte de symptôme et fantasme[1]
Jacques-Alain Miller
Je n’ai pas prononcé la dernière fois le mot d’insigne, qui est comme l’emblème du cours de cette année, son vecteur. Cela a suffi pour faire penser que j’avais tourné la page sur ce sujet, ce qui montre bien l’usage à faire de l’insistance dans les enseignements. Lacan le signale, pas d’enseignement sans insistance.
J’ai eu tort de ne pas dire ce mot, et j’affirme que l’insigne fait bien mon objet et mon thème, toujours. Je rappelle que sa fonction doit être cernée par deux termes qui sont, d’une part l’un, le S1, voire, comme l’indique une écriture plus ancienne et plus particulière de ce terme, le grand I, l’initiale de l’idéal du moi, la marque du trait unaire, et d’autre part petit a.
1
S1 a
I
J’ajoute –pas l’un sans l’autre, et pas l’autre sans l’un, s’agissant de l’insigne. L’insigne n’est pas seulement le trait unaire. Pour en donner tout de suite une définition utilisable, il est le trait unaire plus l’objet petit a.
Puisque le thème de cette année n’est pas seulement l’insigne, mais bien ce qui fait insigne, je pose, pour nous assurer que nous sommes dans notre sujet, que ce qui fait insigne tient au rapport, à l’articulation entre ces deux termes, le premier étant susceptible d’écritures diverses. C’est ce qui fait insigne dans l’économie subjective.
Il faut là un effort de précision pour en retrouver, voire en reconstruire la notion, que certaines écritures de Lacan, forgées à d’autres fins, font précisément méconnaître.
Il n’y a pas d’écriture impeccable. Il n’y a pas d’écriture omnivalente. Lorsque vous choisissez d’écrire certaines fonctions, vous en mettez d’autres sous le boisseau.
Ainsi, l’écriture des quatre discours qui, par sa commodité, est devenue matière d’enseignement, presque matière de manuel – spécialement au Département de Psychanalyse –, n’est pas faite de prime abord pour mettre cela en valeur, puisque cette écriture a sa matrice, celle du discours du maître, qui fait d’emblée choir l’objet petit a comme produit à l’extérieur de l’articulation signifiante.
Ce discours ne semble pas fait, de prime abord, pour valider ce que je formule ici sur l’insigne, d’autant qu’il interpose un troisième terme entre S1 et petit a, S2, qui semble ainsi faire médiation obligatoire.
C’est au point qu’effectivement le signifiant – c’est ce qu’écrit le discours du maître – semble confisquer la représentation du sujet.
Mais ne croyez pas que ce disant, et dans ce que je vais proposer aujourd’hui, qui a un certain caractère de retournement, de pivotement des perspectives – perspectives que j’ai moi-même, ici, naguère, longuement maçonnées –, je pense faire objection à Lacan. Si c’était le cas, après tout, je le dirais. Je ne fais pas objection à Lacan, sinon, comme c’est mon style, à partir de Lacan lui-même.
I
J’ai trouvé à supporter mon point de départ d’aujourd’hui d’un fragment de schéma que je suis allé chercher dans son Séminaire de 1967, où je retrouve en fonction le ternaire que je prends comme repère. Ce ternaire, fragment du schéma de Lacan, est un triangle, dont un côté est marqué du sujet barré, et qui est complété de deux écritures, celle de petit a et celle de grand I, sur les deux autres côtés.
Eh bien, il va s’agir – avec les conséquences que vous verrez, qui ne sont pas minces – de ce ternaire où le sujet est encadré par deux termes qui sont à rapporter au sujet en tant que S, sujet rayé, inexistant, celui auquel nous avons affaire dans l’expérience analytique, celui qui fait l’objet du coup de chiffon, comme celui que l’on donne pour nettoyer le tableau avant que je vienne dans cette salle. C’est le coup de chiffon préalable à l’émergence d’une nécessité de discours. L’axiomatique – à savoir que l’on explicite tout ce dont on va user à des fins de démonstration – ne fait que mettre en forme ce coup de chiffon, c’est-à-dire la position d’une inexistence comme condition à ce qu’émerge une nécessité. C’est ce que chaque séance analytique, pour son compte, répète.
Cette nécessité de discours répercute la toute-puissance du signifiant, cette toute-puissance qui suppose l’inexistence à son origine, et même qui la rétro-pose.
Le signifiant pose en deçà l’inexistence. Qu’écrivons-nous lorsque nous écrivons S ?
Nous allons nous le demander une fois de plus. Nous écrivons en fait deux choses, et pas une seule.
Nous écrivons premièrement, comme c’est d’usage courant pour nous, le sujet du signifiant. Nous écrivons le sujet comme sans nom, anonyme. Nous écrivons le sujet quelconque. Nous écrivons le sujet sans signifiant, à condition d’entendre que cela veut dire que nous l’écrivons en tant qu’équivalent à un signifiant en moins.
Nous pouvons aussi écrire le sujet avec le petit s du signifié. Lacan a usé ainsi de cette lettre, et pas seulement au départ de son enseignement. Il a d’abord écrit le sujet comme un effet de signification produit par le signifiant. Il l’a écrit ensuite comme un signifiant en moins, S, mais il n’en a pas moins continué, selon les besoins de la cause, à l’écrire tout de même de temps en temps petit s, spécialement quand il l’a écrit comme sujet supposé savoir.
L’écrire comme un signifiant en moins, c’est l’écrire comme ensemble vide, c’est-à-dire, tout vide qu’il soit, sous la domination du signifiant. Il faut bien en effet que cet ensemble soit tracé pour qu’on puisse dire là, il n’y a pas.
C’est donc – je me répète – une inexistence subjective marquée d’emblée par le signifiant. Je considère que c’est acquis – à qui ? à nous tous – à partir de l’élaboration de Lacan et du choix que nous avons fait de développer ce versant du sujet barré.
Le prendre ainsi, comme sujet du signifiant, comme un vide signifiant, introduit tout de suite la nécessité d’un signifiant qui vienne combler ce vide, à savoir cette marque première. C’est ce que nous commentons couramment ici à partir de S1 / S, le sujet est représenté par un signifiant, etc. Nous faisons saisir cette nécessité par la façon dont nous définissons ce sujet lui-même. C’est un sujet qui est en lui-même l’effacement d’un signifiant. Nous en déduisons la nécessité d’une représentation signifiante qui lui vient de l’Autre, et nous déduisons la nécessité de l’identification freudienne. Nous considérons que c’est là l’aliénation du sujet – pour reprendre les termes de Lacan – dans l’identification première qui forme l’idéal du moi.
J’ai déjà fait valoir que cette identification est à distinguer de toute ressemblance d’ordre imaginaire, de toute identification spéculaire. Lacan conclut d’ailleurs son Séminaire des Quatre concepts fondamentaux sur ce point de l’idéal du moi, d’où le sujet se voit comme vu par l’Autre – j’ai déjà longuement insisté sur ce d’où -, d’où l’Autre me voit, sous la forme où il me plaît d’être vu.
En écrivant ainsi notre sujet, et en lui donnant ce sens, nous mettons en valeur la nécessité de l’articulation freudienne de l’identification, en posant que le sujet ainsi défini appelle un comblement signifiant. Cette identification, ici, est représentation.
Eh bien, cette valeur de S, si opératoire, qui est tellement mise en évidence dans le schéma du discours du maître, n’est pas la seule, même si c’est celle que Lacan a pu sembler mettre au premier plan. C’est pourquoi je donnerai un nom à la deuxième valeur de S, celle qui n’est pas S comme sujet du signifiant. J’hésiterais à le faire, après tout, si l’expression même n’avait pas été une fois ou deux employée par Lacan. Si c’est justifié de l’appeler ainsi un jour, c’est ici, avec la chance du moindre malentendu.
Deuxièmement, en écrivant S, nous écrivons le sujet de la jouissance.
Je n’entends déplacer les choses que de quelques millimètres. Vous allez voir que l’on peut déplacer beaucoup avec ces millimètres. S’il y a un tout petit décalage dans la perspective du départ, si l’on enchaîne, cela s’écarte à la fin de plus en plus de ce que l’on est accoutumé de percevoir.
Je veux appliquer à ce sujet de la jouissance la même logique que nous sommes accoutumés de mettre en œuvre à propos du sujet du signifiant, à savoir qu’il y a aussi de l’en-moins sur ce versant, et aussi un appel fait au comblement de la perte.
Si le sujet de la jouissance est écrit S, c’est qu’il est désigné en tant que vidé de jouissance. De la même façon que, lorsque nous le traitons comme sujet du signifiant, ce n’est pas en tant qu’il en est plein, mais au contraire en tant que le signifiant a fait l’objet d’un coup de chiffon. De la même façon que nous pouvons dire que la barre sur le sujet, cette barre d’en-moins, est un effet du signifiant, il est aussi conforme à ce qu’articule Lacan que ce vidage de jouissance est un effet du signifiant.
D’où la nécessité, concernant le sujet, d’un comblement qui ne soit pas du signifiant. C’est ce qui justifie à mon sens Lacan d’avoir une fois mis au tableau ce triangle, qui indique qu’il n’y a pas qu’un comblement pour le sujet. Il n’y a pas que le comblement de l’idéal. Il y en a un autre.
Bien sûr, vous me direz – Mais nous savons déjà qu’il y a fantasme pour le sujet – (S <> a), comme l’écrit Lacan.
J’ai déjà fait valoir, et pas qu’une fois, que l’identification, comme représentation signifiante, qui articule le symptôme au sujet comme à la place de la vérité – cette place, en bas, à gauche –, appelle en effet l’articulation au fantasme. J’en ai même fait un thème, qui est devenu une antienne – Du symptôme au fantasme.
Je crois pourtant déplacer là les choses de quelques millimètres. Car si je place là ce terme de sujet de la jouissance et l’appel au comblement qui s’ensuit, c’est bien pour faire valoir que, pour y répondre, il n’y a pas que le fantasme. Il nous faut dégager là un rapport, comme tel, beaucoup plus général, dont le fantasme n’apparaît qu’une modalité.
Ce que comporte ce ternaire, c’est l’écriture d’un rapport du sujet à l’objet petit a et d’un rapport du sujet à la jouissance qui ne se réduit pas au fantasme. Le fantasme, certes, est un rapport à la jouissance, sur le mode imaginaire. Mais quand nous parlons de la pulsion, nous parlons aussi d’un rapport à la jouissance, cette fois-ci dans la dimension réelle. C’est dire que ce n’est qu’une approximation ou qu’une partialité de traiter ce rapport à la jouissance, qui est appelé nécessairement par la deuxième valeur de S, à partir du fantasme.
Il me semble éclairant de rapprocher fantasme et pulsion sous le chapeau de ce rapport à la jouissance, et de mettre en regard le rapport du sujet au signifiant et le rapport du sujet à la jouissance.
Nous trouvons là inscrits les deux versants de l’insigne.
Cette duplicité du signifiant et de la jouissance vaut pour le concept de l’Autre, cet Autre dont – antienne – nous faisons le lieu du signifiant, mais dont Lacan pouvait aussi bien formuler que c’est le corps en tant que vidé de jouissance, désert de jouissance.
Je voudrais montrer en quoi cette corrélation de S1 et de petit a parcourt littéralement l’enseignement de Lacan et que, comme problème, il est moteur de son enseignement.
Si on le lit avec cette clé, on voit surgir, d’un bout à l’autre de cet enseignement, la question de leur articulation par rapport au sujet, qui est sujet du signifiant et sujet de la jouissance.
On pourrait déjà dire, en court-circuit, que le problème, à le saisir, c’est que nous n’avons qu’un seul terme pour dire le sujet dans ces deux valeurs, alors que nous en avons deux pour ce qui concerne ce qui le comble.
Pour le dire aussi en court-circuit, Lacan a essayé, à l’extrême pointe de son enseignement, d’introduire une seule écriture pour S1 et petit a, une seule écriture pour ce comblement du sujet comme sujet du signifiant et sujet de la jouissance.
Ce symbole qui m’oriente aujourd’hui, et peut-être la fois prochaine aussi bien, parce que je n’en viendrai pas à bout comme ça, dans cette fonction, c’est le sigma du symptôme, Σ. C’est là ma thèse. Ce que Lacan a amené avec une rénovation du concept de symptôme, qu’il a signalée à l’occasion par une écriture nouvelle, le sinthome, c’est l’effort pour écrire d’un seul trait à la fois le signifiant et la jouissance.
Si nous voulons utiliser les modes anciens d’écriture, c’est bien celui-là que je propose.
II
Maintenant que je vous ai donné ma visée, qui déplace les lignes, il faut que je vous montre à quel point c’est appelé dans l’enseignement de Lacan et dans l’expérience analytique, en tant que, non seulement cet enseignement la commente, mais l’invente aussi bien pour nous.
Il faut d’abord que je vous rappelle que c’est exactement à cette double valeur du sujet du signifiant et du sujet de la jouissance que se trouvent accordées les deux opérations de l’aliénation et de la séparation, qui sont là évidemment distinguées selon une ordonnance temporelle. J’ai déjà fait remarquer que, dans le schéma de ces deux opérations, c’est à la même place que viennent s’inscrire successivement S1 et petit a. Je ne vous commente pas à nouveau ces opérations, je vous les rappelle seulement.
L’aliénation met en valeur le sujet du signifiant, alors que la séparation met en valeur le sujet de la jouissance.
L’aliénation, en effet, est bien une représentation. Cela dit bien ce que cela veut dire. Le sujet en est comme tel distinct.
On peut localiser le sujet comme sujet barré dans cette partie de l’ensemble. Il est distinct de S1 et S2. C’est ce qu’imposent les formations de l’inconscient, puisqu’on y voit se produire, de S1 à S2, des achoppements, des trébuchements, qui signalent ici la distinction du sujet, ce qui fait qu’il n’est que représenté. Nous pouvons d’ailleurs dire aussi bien que c’est là en tant que vérité, puisqu’on admet que, dans le lapsus, c’est une vérité qui se trahit. Ce schématisme est apte à nous figurer cette représentation.
Dans la séparation, la seconde opération, on ne peut pas dire que le sujet est représenté. Tout ce que l’on peut dire, c’est qu’il est petit a. Il se fait valoir en tant que petit a. La positivation qu’on a là avec petit a lui vient de l’usage qu’il fait de son propre manque comme sujet du signifiant, à se loger dans le manque de l’Autre. Il n’y a pas représentation. Il y a une identité, en tant que petit a.
C’est ce qui oblige à la fois à distinguer et à articuler l’identification par représentation, celle qui le fixe par rapport à S1, et cette identification à l’objet, qui nous met devant une identité du sujet et devant son être. Cette articulation comporte et dissimule en même temps que petit a vient ici à la même place que S1. Cette place est en évidence dans ces schémas, mais que ce soit la même place, cela ne fait pas l’objet d’une mise en problématique par Lacan, dans son commentaire. C’est une même place, mais seulement sur le dessin, pourrait-on dire, puisque, après tout, le manque est ici, et il se retrouve là.
Est-ce structuralement la même place ? Ce n’est pas ce que ce schéma avoue. Mais il fait question pour l’un. Il met en évidence qu’il y a lieu de penser le rapport de S1 et de petit a, qu’il y a lieu de savoir quel est le rapport entre la représentation signifiante du sujet à partir du trait unaire et son être de jouissance.
En retour de ce point, on s’aperçoit que la même question est reprise par Lacan dans son schéma des quatre discours.
Du discours du maître – et du discours de l’inconscient, qui est l’autre nom du discours du maître – au discours de l’analyste, on s’aperçoit que S1 et petit a sont susceptibles de venir à la même place.
S1 S2 a S
S a S2 S1
Vous voyez que je ne manie aujourd’hui que des abstractions. Je veux arriver jusqu’à ce point du symptôme, et, pour y arriver, faire valoir à quel point cette problématique insiste à des moments divers de l’enseignement de Lacan –y compris dans ses quatre discours où, cette fois-ci, on n’a pas une ordonnance temporelle. On a une ordonnance de permutation, mais où est en question le même élément que je signale dans aliénation et séparation. Qu’est-ce qui approprie S1 et petit a pour qu’ils soient susceptibles d’accomplir ce que j’appelais naguère un roque, soit de se remplacer l’un l’autre en inversion ?
Je trouve encore une indication de l’insistance de la question dans le commentaire qu’apporte Lacan du schéma freudien de l’identification, à la fin de son Séminaire des Quatre concepts. Lacan traduit ce qui, dans le schéma de Freud, figure comme des lignes qui rejoignent un objet mis en dénominateur commun et la fonction de l’idéal du moi chez chaque sujet, par quoi s’accomplit la prise en série des sujets. Comment Lacan le formule-t-il, sinon dans les termes suivants – conjonction, superposition, confusion, de l’objet petit a et de l’idéal du moi, c’est-à-dire de petit a et de grand I. C’est ce qu’il trouve occasion à formuler à partir de ce schéma de Freud, pour dire, évidemment –Cela nous donne la formule de l’hypnose. Ce à quoi on s’intéresse effectivement. On se dit –Tiens, voilà la formule de l’hypnose, c’est toujours commode à avoir.
Il s’agit précisément de ne pas s’hypnotiser sur le fait que Lacan nous dit c’est la formule de l’hypnose, mais de s’apercevoir de la logique qui est présente dans cette définition. Lacan trouve à formuler, à propos de l’identification et de l’hypnose, que l’objet petit a peut se trouver superposé à la même place que grand I. L’objet petit a, si inavalable qu’il soit dans l’ordre signifiant – Lacan le définit à l’époque comme étant toujours ce qui reste en travers de la gorge dans les défilés du signifiant – est tout de même susceptible de se superposer à la même place qu’un repérage signifiant essentiel, qui est grand I. Et ici une confusion est susceptible de se produire entre ces deux termes.
Voilà encore, logiquement lisible, un appel. Il faut bien penser une certaine homogénéité de ces deux termes, qui fait qu’ils sont susceptibles de venir se confondre à la même place. Et, annonçant bien des années à l’avance ses quatre discours, où le maître apparaît à l’inverse du discours de l’analyste, c’est comme distance entre grand I et grand A que Lacan formule la possibilité de la psychanalyse. Écarter grand I et grand A est la condition pour que l’analyse soit possible.
De ce troisième point que je mets en valeur à propos de S1 et petit a, nous pouvons saisir, en quatrième point, à partir du rapport grand I - petit a, l’économie du graphe de Lacan, qui est fait pour l’indiquer.
Qu’est-ce que comporte le graphe de Lacan sur ce point ? Il comporte que l’issue normale du transfert, c’est l’identification, dans la mesure où l’économie même du transfert est fondée sur la suggestion. Dès lors que le sujet s’engage dans la parole à l’Autre – et sous la forme princeps, primaire, de la parole qui est la demande –, l’issue de son parcours, c’est l’identification à l’Autre. Dès lors qu’il s’adresse à l’Autre comme l’Autre tout-puissant de la demande, ce qu’il charrie dans son parcours – et c’est là qu’il s’achève –, c’est une identification. Le transfert, à cet égard, amène la demande à l’identification.
C’est le schéma du discours du maître qui est là sur le graphe de Lacan, un schéma qui comporte comme l’opération essentielle l’aliénation, c’est-à-dire la représentation signifiante, que Lacan a modulée de façons diverses dans les quatre discours ou dans aliénation.
Comment s’inscrit le discours de l’analyste sur ce graphe ? Il s’inscrit d’opérer de telle sorte que la demande puisse poursuivre jusqu’à la pulsion.
C’est ce qui fait la différence du transfert comme analytique. C’est là où le désir de l’analyste fait la différence, selon les termes mêmes de Lacan. Alors que le transfert ramène la demande à l’identification en l’écartant de la pulsion, le désir de l’analyste, opérant en grand A, ouvre le chemin de la pulsion.
Qu’est-ce que Lacan formule alors ? Qu’est-ce qui se produit, suppose-t-il, quand la demande du sujet va vers, atteint à la pulsion ? Il dit une chose très curieuse et même opaque dans sa formulation, qu’il n’a pas reprise tellement ainsi – Alors, le fantasme devient la pulsion.
C’est très étrange cette notion que le fantasme, étant franchi le plan de l’identification, deviendrait la pulsion. Cette possibilité que l’on puisse formuler le fantasme devient la pulsion, n’est-ce pas exactement ce qui justifie que le fantasme comme la pulsion sont rassemblés par ce trait commun que l’un et l’autre qualifient un rapport à la jouissance ? Cela comporte que, tant que le sujet est en deçà du plan de l’identification ou dans le plan de l’identification, la pulsion est masquée par le fantasme. Il faut qu’il y ait eu un repérage du sujet par rapport à l’objet petit a pour qu’alors le fantasme cesse de masquer la pulsion. Autrement dit, le franchissement du plan de l’identification n’est possible – c’est ce que formule Lacan – que par l’intermédiaire de la séparation du sujet dans l’expérience, c’est-à-dire par le point où il se confond avec l’objet petit a. C’est dire que la formule du fantasme, certes, écrit le rapport du sujet à la jouissance, mais sous une forme imaginaire, puisque, lorsque le sujet s’est repéré par rapport à petit a, alors le fantasme est susceptible de se confondre avec la pulsion.
Ce que comporte l’identification, comme on l’écrit I (A), c’est que la pulsion est masquée dans le fantasme. Cela fait difficulté sur le graphe de Lacan, parce que cela ressortit évidemment d’une strate antérieure de son enseignement. On ne voit figurer l’objet petit a qu’au niveau du fantasme. Le seul rapport à l’objet petit a qui soit écrit dans ce graphe, c’est en tant que fantasme.
Cela n’a pas cessé de dévier la lecture faite de Lacan, parce que cet objet petit a est encore bien plus en évidence s’agissant de la pulsion, bien qu’il ne figure pas sur le graphe. C’est même ici qu’il serait bien légitime d’écrire (S<>a). Il est écrit en italique sur le graphe, parce que Lacan veut signaler que c’est imaginaire. Nous pourrions l’écrire là en caractère droit pour signaler qu’il s’agit de la pulsion. Nous pourrions même l’écrire ainsi,(a→S). Il y a comme une diagonale de ce graphe entre I (A) et petit a, qui oppose, qui met aux deux bouts, aux deux termes, le signifiant de l’identification et l’objet petit a.
Cette conjonction, cette articulation S1-petit a, nous la trouvons essentielle à la théorie du transfert. Ce n’est pas seulement que l’issue du transfert, c’est l’identification, mais le médium même du transfert, c’est le signifiant idéal, S1. Au point que Lacan peut encore écrire en 1969 – alors que, bien sûr, il a déjà situé la place de l’objet petit a dans le transfert depuis son Séminaire sur l’ agalma – Le transfert apparaît se motiver déjà suffisamment de la primarité du trait unaire. C’est dire à quel point la structure basique du transfert n’implique pas l’objet petit a. La structure basique du transfert implique la primarité du trait unaire. C’est la condition même pour que soit pensable de définir le transfert à partir du sujet supposé savoir, puisque c’est définir le transfert à partir du signifiant, à partir d’un effet de signifiant.
Venons-y justement au cinquièmement, à ce sujet supposé savoir.
Vous savez comment Lacan introduit ce sujet supposé savoir. Il l’introduit comme un effet de signification d’un S1, qui, en l’occurrence, prend le nom de signifiant du transfert. Il l’écrit – signifiant du transfert sur son effet de signification qu’est le sujet supposé savoir. Il l’écrit ainsi, comme un effet de signification, pour dire – je vous demande de noter seulement la phrase – que c’est une signification qui tient la place du référent encore latent. Je vous ai déjà appris naguère à lire cette phrase.
Elle comporte qu’effectivement, à cette place idéale, viendra petit a.
C’est petit a qui vaudra comme le référent de l’affaire. La chute du sujet supposé savoir comporte le remplacement de cette signification par l’objet petit a. Si nous le lisons comme il convient, c’est encore un mode de conjonction entre S1, ici signifiant du transfert, et petit a, censé venir à la place de la signification induite par ce signifiant.
Dans la théorie même du sujet supposé savoir, il y a donc, implicite, la notion d’une conjonction entre S1 et petit a –le point où cet effet de signification est susceptible d’être remplacé, si l’on veut, par un produit réel.
Puisque j’ai écrit ce ternaire, la problématique du sujet supposé savoir est articulée entre le signifiant du transfert et petit a, et ici le sujet est écrit comme un effet de signifié.
En feuilletant l’enseignement de Lacan à des places diverses, on s’aperçoit que, à tous les détours, la question est posée de l’articulation de S et petit a.
III
Nous allons finalement mettre en valeur la sixième façon, précisément à propos de la théorie du symptôme.
On peut penser que les analystes s’accordent sur ceci que les symptômes, dans la psychanalyse – au moins les symptômes psychanalysables –, sont interprétables. Si c’est interprétable par l’Autre, eh bien, c’est que cela vaut comme un message à l’Autre, et, comme la communication est foncièrement inversée, eh bien, le symptôme est foncièrement un message de l’Autre. Voilà ce qui a fait le point de départ de Lacan, on peut dire freudien, sur le symptôme.
Maintenant, il a bien dû tirer les conséquences de la façon dont il définissait l’inconscient, dès lors que le symptôme est articulé à l’inconscient. Toute définition qu’un analyste donne de l’inconscient rebondit, rejaillit, sur celle qu’il donne du symptôme.
Dès lors que l’inconscient est défini comme structuré comme un langage, la définition que Lacan a fait valoir s’agissant du symptôme, psychanalysable, c’est soutenu par une structure qui est identique à la structure du langage. Pourquoi ne pas dire soutenu par la structure du langage ? C’est vrai aussi. Dire qu’elle est identique à la structure du langage, c’est dire que les éléments qui peuvent y être mis en fonction peuvent aussi bien être empruntés au corps. Il y a donc là un petit écart.
La structure de langage, Lacan le formule ainsi – vous trouverez cela page 444 des Écrits – par référence à la distinction du signifiant et du signifié. Cela comporte que le symptôme soit, non pas simplement une signification, mais encore la relation d’une signification à une structure signifiante. C’est ce que vous retrouvez impliqué par le schéma du graphe, où la place du symptôme est à trouver en petit s(A), signifié de l’Autre. Mais cette signification ne suffit pas à faire le symptôme.
J’ajoute que, quand je dis symptôme, cela vaut aussi pour les structures identiques du rêve, du lapsus et du mot d’esprit, à savoir tout ce que Lacan a appelé formations de l’inconscient.
L’interprétation possible du symptôme, c’est-à-dire en rétroposition, en rétroaction par rapport au fait qu’il est psychanalysable, le seul fait qu’il puisse être interprété, ou, mieux, qu’il puisse être lu, comporte qu’il est lui-même articulé dans un procès d’écriture. Ce mot d’écriture, qui vient sous la plume de Lacan dès les années 50, il ne lui donnera pas tellement de suite jusqu’à la fin de son enseignement.
Pourquoi cette signification ne suffit-elle pas à donner ce qu’est le symptôme ?
Vous savez comment Lacan l’articule sur son graphe, et près de Freud. Pour qu’il y ait symptôme, il faut que, à cet effet de signification qui provient du passage de la demande à l’Autre, vienne interférer le fantasme.
Reprenons rapidement la chose. Nous supposons ici un sujet doté du besoin. Il faut qu’il mette ce besoin en forme, sous les espèces de la demande à l’Autre, et il s’en produit un certain effet de signification, parmi lesquels il peut y avoir l’amour, par exemple. Il peut y avoir aussi, et spécialement, le malentendu, le déplacement, etc. C’est en accord avec l’Autre que se produit cet effet de signification.
Pour qu’il y ait symptôme, il faut qu’un autre élément entre en jeu. C’est là que Lacan écrit le fantasme. Il faut que vienne interférer avec cette signification un autre élément, qui n’a rien à voir en lui-même avec cette signification. Il faut que vienne ici ce qui est le produit de tout le circuit, qui passe par la pulsion, et qui masque ce rapport à la pulsion. Le symptôme est un élément composite à cet égard.
Je n’illustre pas les choses. Je vous montre que ce que je vais développer est fondé de multiples façons chez Lacan.
Le symptôme, tel qu’il est mis en place dans le graphe de Lacan, est fait de deux éléments. Il est fait d’une signification qui est un effet de signifiant et d’un élément qui, là, est appelé le fantasme, mais que nous avons déjà épuré comme étant le rapport du sujet à la jouissance.
D’ores et déjà, le symptôme n’est pas pensable, sinon comme une articulation entre un effet signifiant – on pourrait même l’appeler un effet de signification ou un effet de vérité – et le rapport du sujet à la jouissance.
On peut saisir pourquoi cela paraît approprié à Lacan à cette date. Comment cela peut-il interférer ? Il s’agit de deux éléments, tout de même imaginaires, le fantasme et la signification, qui s’accolent dans le symptôme. On s’aperçoit ici de ce que veut dire la construction du fantasme fondamental, qui inquiète beaucoup dans l’analyse – Est-ce que je construis bien mon fantasme fondamental ? La construction du fantasme fondamental dépend strictement de l’interprétation en tant qu’elle dégrossit le symptôme. L’interprétation dégrossit le symptôme du fait qu’elle énumère ou conduit le sujet à énumérer l’ensemble des signifiants-maîtres, l’essaim, à partir de quoi il y a signification.
La construction du fantasme fondamental se fait au rythme où s’interprète le symptôme, c’est-à-dire où les effets de vérité du symptôme sont progressivement rapportés au S1 qui les induit. Et, de ce fait, s’isole l’objet petit a, c’est-à-dire se désimaginarise le fantasme. La construction du fantasme fondamental ne fait qu’un avec sa réduction à la pulsion.
Qu’est-ce que comporte déjà ce graphe de Lacan ? Il comporte déjà un certain nœud du symptôme, où sont engagés à la fois l’objet petit a et un effet de vérité, l’objet petit a et un effet signifiant. On ne peut pas méconnaître la question qui est là posée... Enfin, on peut le méconnaître, parce que l’objet petit a n’apparaît dans le graphe qu’en tant qu’il est pris dans le fantasme. C’est d’ailleurs à peine l’objet petit a dans le graphe, c’est encore le petit autre qu’on met en scène dans le fantasme comme imaginaire. C’est progressivement que Lacan, y compris dans la formule du fantasme, fera valoir l’objet petit a comme plus-de-jouir. On peut tout à fait méconnaître de quoi il s’agit. Un rapport à la jouissance est en fait impliqué dans le symptôme en même temps que l’effet de vérité. Mais on ne devrait pas méconnaître la question de l’implication de la jouissance dans le symptôme, et que le symptôme, sans doute, est articulé à partir d’une structure signifiante.
Comment penser la jouissance qui y est prise ? Et qu’est-ce que cette inscription, cette écriture où la jouissance interfère ?
Pour retrouver ce thème, un peu dégagé comme tel par Lacan, il faut attendre ses réflexions sur la passe, où il peut donner du symptôme cette définition –je l’avais déjà fait valoir naguère –que c’est une vérité, s (A), qui trouve à résister au savoir, c’est-à-dire au déchiffrement, à partir de la jouissance. C’est une vérité qui a partie liée avec de la jouissance.
Cela conduira Lacan, en même temps qu’il fait ce ternaire que j’ai écrit tout à l’heure, S, petit a et I, à en faire un autre, jouissance, savoir, et vérité.
C’est le problème même que met au premier plan ladite réaction thérapeutique négative découverte par Freud, c’est-à-dire la jouissance du symptôme. Bien qu’interprété, il y a, dans le symptôme, une jouissance qui continue de résister.
Il faut s’apercevoir que, si l’on met l’accent sur la jouissance qu’il y a dans le symptôme, c’est-à-dire si l’on découvre que, en dessous de ce qui est là appelé fantasme, il s’agit du rapport de comblement du sujet de la jouissance, alors la distinction du fantasme et du symptôme peut être mise en question, elle peut être surmontée.
Ces deux termes sont susceptibles d’être englobés sous un troisième. Ce terme qui est venu, à la fin de l’enseignement de Lacan, englober le symptôme et le fantasme, c’est le sinthome.
C’est pourquoi il a pu à la fois mettre en évidence la jouissance du symptôme et en même temps dire – Vous ne jouissez que de vos fantasmes. C’était signaler que, si l’on recentre les choses sur la jouissance, il y a un mixte du symptôme comme effet de vérité et du rapport à la jouissance, qui est à proprement parler le sinthome.
Je suis allé un peu vite la dernière fois en vous disant que, d’emblée, Lacan, sur ce qui était l’inexistence, avait dit du symptôme qu’il était conditionné à la fois par l’inexistence de la vérité et par celle de la jouissance. Je me rapportais de mémoire aux articulations de son Séminaire... Ou pire. Je suis allé vérifier. Il ne le dit pas exactement ainsi. En effet, dans son Séminaire... Ou pire, il est juste en deçà de son invention du sinthome. Il parle de l’inexistence de la vérité – c’est-à-dire de S barré en place de vérité ou de s(A) – comme au principe du symptôme, et de l’inexistence de la jouissance comme au principe de l’automatisme de répétition. L’inexistence est au principe du symptôme, l’inexistence de la vérité qu’il suppose, quoiqu’il en marque la place, tandis que l’automatisme de répétition fait venir au jour de l’insistance l’inexistence de la jouissance. Ce n’est pas un grand développement, il dit cela en passant.
Vous voyez que, dans une proposition de cette sorte, il est encore à situer le symptôme seulement comme s(A), effet de vérité, et il distingue le rapport à la jouissance qui, lui, est présent dans l’automatisme de répétition. C’est juste un pas avant celui qu’il fera deux ou trois ans plus tard.
Cela aimante toute sa recherche de l’époque – à quoi on n’a vu que du feu, moi y compris, quand on la suivait -, qui est justement de donner une définition du symptôme qui inclut à la fois la vérité et la jouissance, l’effet signifiant et la jouissance, qui inclut donc dans le symptôme l’automatisme de répétition.
Il essayera effectivement, avec cette grande chose qu’il appelle RSI et ses Séminaires des noeuds, d’écrire d’un même tenant le symptôme et l’automatisme de répétition. C’est pour cela qu’il pourra formuler – Le symptôme est ce qui ne cesse pas de s’écrire. Pour pouvoir dire le symptôme est ce qui ne cesse pas de s’écrire, il ne faut plus seulement définir le symptôme à partir de l’effet de vérité, qui n’est certainement pas quelque chose qui ne cesse pas de s’écrire, il faut avoir défini d’un même tenant le symptôme et l’automatisme de répétition.
C’est alors qu’il a mis les cartes sur la table dans son RSI, dans l’effort qu’il comporte, c’est-à-dire la dernière problématique de Lacan, quand il peut formuler qu’il définit le symptôme – je l’ai déjà indiqué la dernière fois – par la façon dont chacun jouit de l’inconscient en tant que l’inconscient le détermine. C’est une définition tout à fait bouleversante, qui change tout à fait la perspective. Quand il dit en tant que l’inconscient le détermine, il vise expressément S1, le signifiant impératif, le dit premier. Il définit le symptôme comme un mode de jouissance de l’inconscient, précisément un mode de jouissance de S1.
Son dernier effort a porté sur ce que je viens de vous énumérer aujourd’hui, c’est-à-dire cette conjonction – que l’on retrouve dans tout son enseignement -, cette superposition de S1 et petit a. Et il s’avance ici à définir une jouissance du signifiant.
Cette jouissance du signifiant déplace toutes les lignes. C’est pour cela qu’à l’époque – ce qui m’avait paru opaque -, Lacan a substitué à un moment une réflexion sur le signe à celle qu’il faisait sur le signifiant, qu’il a pu opposer le sens et le signe. Alors que le b.a-ba que l’on croyait savoir, c’était que précisément le signe avait laissé place à l’articulation signifiante. Il a parlé de signe, par exemple dans sa Télévision, à la place de signifiant, justement parce qu’il était à la recherche d’un terme où le signifiant est complémenté par la jouissance. C’est aussi pourquoi il substituera à la problématique de l’interprétation une problématique du déchiffrage. Interprétation n’a pas son antonyme, tandis que déchiffrage a son antonyme de chiffrage. Il a employé le terme de chiffrage et de chiffre, non pas seulement pour varier son vocabulaire, mais pour essayer de penser d’un même tenant le signifiant et la jouissance.
C’est là qu’il a mis en évidence la fonction du symptôme. Qu’est-ce qu’il a fait du symptôme ? Le symptôme, justement parce que c’est à la fois petit a et grand I, à la fois la fonction signifiante et la fonction de jouissance, désignées par un seul symbole, Σ, c’est ce qui est plus que tout apte à écrire le nom propre comme particulier du sujet.
C’est pourquoi il a formulé Joyce-le-symptôme. Il a fait ces considérations – qui sont restées jusqu’à présent plutôt opaques – visant à désigner le vrai nom propre de James Joyce en l’appelant Joyce-le-symptôme. C’était là dire que ce qui fait insigne pour un sujet, c’est son symptôme.
Je suis tout de même arrivé jusqu’à Joyce-le-symptôme. J’espère, la fois prochaine, de façon moins aride et moins abstraite, développer ce symptôme comme insigne.
11 mars 1987
[1] Treizième leçon de Ce qui fait insigne, L’orientation lacanienne, cours prononcé dans le cadre du Département de Psychanalyse de Paris VIII. Texte établi par Catherine Bonningue, à partir des transcription et enregistrement de Fabienne Henry, Michel Jolibois et Bernard Cremniter. Publié avec l’aimable autorisation de J.-A. Miller.