Le réel est sans loi

Jacques-Alain Miller

"RCF 49"

Le réel est sans loi

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    Le réel est sans loi

    Jacques-Alain Miller

    «Là où ça parle, ça jouit[1]

     

    Je m’apprêtais la dernière fois à vous faire comprendre cet énoncé : «Le réel est sans loi». *

    La compréhension

    «Faire comprendre» est une expression, une ambition, scabreuse. On le sait dans la psychanalyse où l’on procède par des voies qui échappent au comprendre, et que le comprendre s’efforce de rattraper comme il peut, et encore, à la condition qu’on en ait l’envie, l’intérêt, l’investissement pour ça.

    On peut très bien se contenter de l’évidence de la pratique analytique, laquelle a des effets patents, ne serait-ce qu’on en redemande. On doit en tenir compte, même si l’on reste quinaud quant au comment et au pourquoi.

    Cette pratique a aussi des résultats qui ne sont pas négligeables mais qui en même temps excèdent et découragent la compréhension. On n’aurait pas besoin de s’appuyer sur cette béquille que Freud a nommée l’inconscient si l’on pouvait recomposer, reconstituer, modéliser, tranquillement des rapports de cause à effet. Lorsqu’on s’y aventure, lorsqu’on s’y essaye, lorsqu’on monte des mécanismes – «j’ai dit ça», dit l’analyste, «alors le patient a fait ça, et puis lui est venu que..., et donc par conséquent il...» –, on doute que l’on soit vraiment dans la dimension de ce dont il s’agit.

    Suis-je sur cette pente à faire l’éloge de la bêtise, je veux dire à célébrer qu’on n’y comprenne rien ? Ce serait vraiment me renier. Mais une fois que l’on a tout compris, il faut faire sa place à ce que l’on ne comprend rien. Le pire, si je puis dire, c’est que même de ça l’on peut rendre raison.

                    1. Au-delà de Freud

    L’appareil freudien

    C’est un fait que sur cette pratique qui est pour nous, analystes et analysants, revêtue d’une certaine évidence et même d’une routine, il a poussé un considérable appareil conceptuel dû pour l’essentiel à l’effort solitaire de Freud, et qui nous a apporté l’inconscient et la pulsion et le transfert, et, pour suivre la liste que fait Lacan dans son Séminaire XI, la répétition.

    De fait, depuis lors, on répète cet appareil conceptuel. Ce n’est pas sans tracas, et même sans un certain sentiment d’effroi, que l’on peut songer à ébranler cet appareil conceptuel et à y voir, y souligner, l’artifice qu’il constitue. Pourrions-nous seulement y songer si Lacan lui-même, après en avoir dégagé cette liste de concepts fondamentaux, ne s’était pas, par un autre tour, engagé dans la voie de défaire cet appareil ?

    La réserve et le respect que j’ai pour ma part toujours gardés à l’égard de l’ultime enseignement de Lacan viennent de là. Ce n’est pas une affaire de manipulation de nœuds que l’on pratiquerait tranquillement, avec toujours de nouvelles configurations à apporter, certes complexes.

    Mais qu’est-ce que la complexité ? C’est bien plutôt la simplicité radicale de ce dont il s’agit qui est de nature à faire que l’on s’y prépare. On se prépare à prendre sur la psychanalyse la perspective qui fut la sienne et qui demande de désapprendre, de se désengluer de ce qui fait notre assise de praticien de l’analyse, par quelque bout qu’on la prenne, comme analysant ou analyste, analyste supposément analysé. C’est cette simplicité que j’essaye de communiquer, et dans sa radicalité.

    Cet appareil freudien va pour nous de pair avec la pratique, l’organise, la structure, nous permet d’y penser, permet aussi bien à l’analysant de s’y retrouver et entre dans son propos. Cet appareil a poussé comme une fleur sur le terreau de la pratique. À vrai dire cette fleur est plutôt une jungle. C’est ce qui a poussé Lacan, le Lacan qu’on enseigne, à en forger un second appareil.

    Une nouvelle langue

    Il a inventé une nouvelle langue – je dis nouvelle langue plutôt que métalangue – et qui a été faite pour traduire celle de Freud. C’est une langue plus réduite, plus serrée, qui s’est déposée en formules, et qui est en même temps assez flexible pour être opératoire, pour épouser les méandres, les difficultés, voire les contradictions de la conceptualité freudienne. Elle y intègre aussi bien les post-freudiens et permet de commenter les phénomènes de la clinique et de les communiquer dans une certaine communauté.

    Faisant retour sur ce qui avait été son opération de traduction, Lacan s’est vanté d’avoir fait de la jungle freudienne, de cette œuvre touffue s’accroissant au fil des mois et des années, des jardins à la française. Il l’a exprimé en 1972, dans son écrit de «L’étourdit», juste avant de se lancer dans son dernier enseignement.

    Son dernier enseignement va au-delà de la traduction de Freud – plus de jardins à la française ! –, dans une direction qui reste à nommer exactement. On peut faire commencer ce dernier enseignement, pour prendre un repère commode, à sa conférence donnée en 1974 sous le titre de «La troisième»[2]. Cet enseignement dernier s’est ensuite distribué en Séminaires : R. S. I., Le sinthome, L’insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre, Le moment de conclure, et, in fine, Dissolution [3].

    Ces séminaires sont centrés sur le nœud borroméen, dont vous avez pu remarquer que je m’abstiens de l’amener en personne. Voyez-y une discipline que l’on peut considérer être inspirée par celle à laquelle Lacan s’oblige, dans son écrit de «L’Étourdit», d’évoquer des figures topologiques sans jamais en dessiner une, mais tentant de mettre en valeur les relations, les liens dont il s’agit, dans le discours.

    Ce dernier enseignement de Lacan cadré ainsi manque d’un écrit qui en fixerait le sens et en préciserait la portée. Il conserve donc un caractère ouvert et se présente avec une allure aporétique, comme si l’on butait sur un impossible-à-conclure. C’est sans doute cette ouverture, cet apparent inachèvement, qui nous permet de saisir en quoi il vise notre aujourd’hui et anticipe sur ce qui est notre aujourd’hui. En même temps, dans cet aujourd’hui où psychanalyse pure et psychanalyse appliquée sont dans une relation moins nette que jadis, ce dernier enseignement ouvert est peut-être de nature à nous secourir.

    Une traduction de Freud

    C’est, pour le dire brièvement, d’une exploration de la psychanalyse comme impossible qu’il s’agit. Quel que soit le fil que l’on peut tenter de tirer dans la masse de ce dernier enseignement, on est ramené à cette définition de la psychanalyse comme impossible, mais en même temps cette exploration est supportée par une pratique qui apparaît d’autant plus réelle. Cette exploration, dis-je, même si Lacan s’est gardé de le formuler dans ces termes – mais le temps passé autorise cette audace –, va au-delà de Freud.

    Jusqu’alors le mouvement de l’enseignement de Lacan peut être considéré comme une traduction de Freud. C’est d’ailleurs ainsi que l’on manipule cet enseignement en faisant des va-et-vient de Freud à Lacan et de Lacan à Freud. On le lit en partie double. On distingue des ponctuations, dont on fait l’hommage à Lacan.

    La forclusion, par exemple – traduction du terme de Verwerfung attirant l’attention plus que le mot de rejet –, c’est une ponctuation du texte de Freud répondant à une exigence de rigueur logique. Si dans Freud l’on a isolé le mécanisme princeps de la névrose qui s’appelle le refoulement et celui de la perversion comme le démenti, alors il n’y a pas de raison qu’il n’en aille pas de même pour la psychose et qu’on ne puisse pas sélectionner le terme qui désignera le mécanisme en question.

    Le trait unaire qui permet à Lacan de signifiantiser l’identification est également à inscrire au registre de la ponctuation, et la castration est aussi un terme rescapé de Freud, après avoir été minoré, englouti par les commentateurs de Freud ayant précédé Lacan.

    De même, le moi, pivot de l’expérience analytique au moment où Lacan s’est mis à traduire Freud, est encore une ponctuation, celle de «Pour introduire le narcissisme», qui lui permet de construire son appareil second. Il rappelle ainsi que le moi est à situer à partir de ce texte de Freud et qu’il ne convient pas de faire l’impasse sur la nature narcissique de l’ego au profit de ce que cet ego semble être dans la seconde topique comme dans l’«Entwurf».

    Ces ponctuations, dont on s’est enchanté autour de Lacan, jusqu’à lui en disputer certaines en se voulant meilleur lecteur de Freud et en critiquant ce qui serait ses gauchissements, ces ponctuations vont jusqu’à des formalisations qui, quelles que soient leurs nouveautés, n’excèdent pas dans le fond le statut de ponctuation, et mettent certes en évidence la traduction.

    Les ponctuations de Rome

    Sans doute, en présentant ainsi les choses l’on ne pourra pas négliger la ponctuation fondamentale que Lacan a apportée à la lecture de Freud, qui est de ponctuer la fonction de la parole comme seule opératoire dans la pratique analytique, la fonction de la parole en tant que supportée par le champ du langage.

    Cette ponctuation inaugurale a été la première, à quoi répond «La troisième» inaugurant le dernier enseignement. En fait, le repère de Lacan pour dire «La troisième», c’est cette première-là, et leur trait commun le plus évident est local, puisque ça s’est trouvé, par on ne sait quelle contingence ou providence, avoir lieu à Rome.

    La première fois, c’est à Rome que Lacan a lancé cette ponctuation de la parole. La troisième fois, à Rome, cela a été pour inaugurer, à mon gré, tout à fait autre chose, un tout autre régime de pensée concernant la psychanalyse. Et peut-être bien que ce qui l’explique c’est la seconde fois où il a parlé à Rome, ou au moins préparé un écrit pour Rome, un petit écrit portant comme titre «Raison d’un échec». Cette «Troisième» est en quelque sorte le rebond de l’échec de la première enregistré dans la seconde.

    Cette première, la première sur l’élan de laquelle Lacan est resté et nous avec, ouvrait sur un répartitoire des éléments en jeu dans une analyse et dans la théorie analytique, un répartitoire entre réel, symbolique et imaginaire. Lacan a procédé en répartissant les éléments, les concepts, leurs références, entre trois registres de l’expérience. C’est ainsi qu’il invite à le lire. On en trouve les symboles les plus évidents dans les tableaux de répartition auxquels il procède. Vous en avez par exemple dans La relation d’objet à propos de la castration, ou dans son Séminaire L’angoisse à propos des affects. Mais ce type de tableau, pour n’être pas explicité, est tout à fait présent dans la moindre de ces pages.

    Qu’est-ce que ces registres ? On pourrait dire – cela ferait image – que ce sont des sortes de tiroirs, termes dont Damourette et Pichon, qui furent une lecture de Lacan concernant la structure de la langue, faisaient usage dans leur grammaire inspirée. Disons que ce sont des ensembles. Admettons que ce sont des ensembles et qu’il y a un certain nombre d’éléments dont on considère que certains appartiennent à R, d’autres à I, et encore d’autres à S.

                                                                                            x R  x I  x S

    Est-ce que je vais définir ces ensembles ? Je me contenterai de dire de R que c’est toujours ce qui est de l’ordre du donné, qui a une certaine valeur de brut, que I c’est ce qui est représenté, la représentation étant conçue comme image, et que S c’est ce qui est articulé et structuré comme un langage.Le mouvement de traduction auquel procède Lacan va vers le symbolique.

                           

    Ce qui est cueilli par Freud et ses élèves dans l’imaginaire – et la voie royale du rêve indique assez que la réserve essentielle est du côté de l’imaginaire – se trouve par Lacan transporté dans le symbolique, décalqué parfois dans le symbolique. Son enseignement procède ainsi, puiser dans la réserve de termes imaginaires et montrer qu’ils ont un corrélat dans le symbolique.

    Il y a ainsi un abord imaginaire du transfert, mais il y a aussi le transfert comme élément appartenant au symbolique. Le fantasme certes est imaginaire, mais il y a un statut du fantasme qui en fait un élément du symbolique. Etcetera. Avec la précision qu’impose cette posture de traduction : c’est déjà chez Freud, mais il ne dispose pas du bon répartitoire, qu’il faut donc ajouter. Ce transport de termes vers le symbolique qui s’appelle symbolisation, signifiantisation, est censé refléter aussi bien ce qui a lieu dans l’expérience analytique. Ainsi, le mouvement même de cet enseignement épouserait le mouvement même de la cure.

              2. Dissolution des concepts freudiens

    De la traduction à la dissolution

    Le dernier enseignement de Lacan marque évidemment un décrochage par rapport à ce répartitoire. J’ai déjà indiqué ce qui me semble actuellement le terme le plus approprié à celui de traduction. Avant de le montrer, je dirai qu’il ne s’agit plus là de traduction, de symbolisation, de formalisation des concepts de Freud. Ce que l’on constate comme effet dans ce dernier enseignement, peut-être comme ambition, c’est bien plutôt une dissolution des concepts freudiens. De la traduction à la dissolution.

    Vous avez déjà pu en avoir l’amorce la dernière fois quand j’ai souligné les réserves que Lacan pouvait faire sur le concept de pulsion comme n’étant qu’un nom que Freud a essayé pour désigner quelque chose du réel, mais étant entendu que rien ne dit que ça résiste à cette épreuve du réel, précisément parce que trop chargé de sens [4].

    Lacan, dans son premier mouvement de traduction, était allé jusqu’au bout de mettre du sens dans le réel. Sur la pulsion, en faire carrément une chaîne signifiante inconsciente, utilisant un autre vocabulaire que ce qui est repéré au dictionnaire, comme la chaîne signifiante d’une langue pulsionnelle. Dans l’espace étrange, unheimlich, qu’ouvre le dernier enseignement de Lacan, le terme de pulsion apparaît au contraire comme une élucubration hautement douteuse de Freud.

    Ce n’est pas développé, mais c’est à la même moulinette que Lacan entend passer tous les concepts de Freud. Il n’en a donné que des aperçus. Peut-être n’a-t-il pas voulu désespérer notre Billancourt ! Il n’est pas sûr que ce soit là une réserve qui puisse être levée si aisément, donc l’indiquer peut être suffisant.

    De la suprématie au ravalement

    Ce décrochage est en tout cas évident au simple niveau logique dès lors que, dans ce dernier enseignement, les ensembles de répartition qui figurent à droite du symbole de l’appartenance ensembliste deviennent à leur tour des éléments de l’ensemble nœud.

                           

    Le dernier enseignement de Lacan se traduit par ce déplacement de gauche à droite du signe de l’appartenance. Il n’y a pas besoin pour cela de dessiner le nœud, de le configurer, et de le défigurer. Il faut s’apercevoir de ce qui se modifie de ce seul fait, et qui donc nous constitue ce que j’ai appelé N. Au niveau de l’ensemble, c’est un ensemble à trois éléments, et qui bien sûr ne suffit pas à caractériser ce qui s’y ajoute, à savoir le rapport borroméen de ces trois termes.

                                                                                                −N :{R,S,I}

                                                                                                −Rapport borroméen

    Comme préalable à établir entre eux le rapport borroméen, il y a leur élémentisation, qui fait apparaître – et c’est hautement interrogé – chacun comme Un. Chacun reste séparé dans cet ensemble, et par là même échappe à ce qui domine le mouvement de traduction, à savoir la suprématie du symbolique, on peut même dire implique un ravalement du symbolique.

    Le symbolique, dans l’enseignement de Lacan, va de la suprématie au ravalement. C’est tout à fait sensible s’agissant de la parole, qui apparaît, dans l’enseignement de Lacan classique, comme la seule voie de salut. C’est vraiment le salut par la parole. Alors que, dans ses derniers enseignements, la parole a plutôt valeur de parasite, voire de cancer, d’épidémie, d’éclaboussure. On trouve évidemment dans cette voie un ravalement du sens.

    Déjà avant, chez Lacan, il y avait ravalement du sens comme signifié. Comme signifié le sens n’était qu’imaginaire. C’est d’ailleurs ce qui a permis à cet enseignement de s’introduire sans solution de continuité.

    Ce ravalement, dans le progrès de l’enseignement classique, se faisait au bénéfice du signifiant. Bien sûr, il y avait une place pour le hors-sens comportant un ravalement du sens, mais c’était au bénéfice du signifiant, du savoir comme articulation hors sens des signifiants, au bénéfice des mathèmes, de l’écriture. Ce dont il s’agit dans le dernier enseignement de Lacan est d’une tout autre teneur. D’abord parce qu’il procède, non seulement à un ravalement du sens, mais aussi bien à un ravalement du signifiant et du savoir. On ne s’y retrouve pas si l’on n’aperçoit pas que le savoir est entraîné dans le ravalement du sens et de la parole.

    C’est là ce qu’enseigne Lacan contre Lacan dans son dernier enseignement. Le signifiant appartient à la parole. Le signifiant, dans sa nature, n’est que le support phonique du sens. Le signifiant est avant tout un phénomène de phonation. C’est ce qui insiste dans le discours de Lacan, au cours de ces années-là, d’une interrogation sur la phonation.

    Une théorie de la double écriture

    Cela conduit, si l’on tient bien cette rampe, à ce que je suis obligé de nommer, pour qu’on s’y retrouve, même si ce n’est pas dit dans ces termes par Lacan, une théorie de la double écriture.

    Il y a une écriture qui est liée à la parole, qui constitue exactement une précipitation du signifiant, entendons une précipitation du signifiant phonique. C’est une forme de traduction. La parole est susceptible de se déposer sous forme d’écriture et d’être recomposée à partir de cette trace.

    Lorsque Lacan emploie le terme de précipitation, on ne peut pas s’empêcher de songer à ce qu’il image, dans son écrit «Lituraterre», le rapport de l’écriture à la parole sous les espèces de la pluie, comme si des nuages une fois crevés tombait une pluie ravinant, et là se glisserait l’écriture[5].  C’est une très jolie image, image très japonaise et en même temps sibérienne, de la liaison de l’écriture à la parole. Ce qui se dépose, sous forme de cette première écriture, c’est ce dont la voix, par ses accents, ses modulations, est le support.

    Il y a une autre écriture, une écriture autre qui n’a rien à faire avec la parole et avec la voix. C’est le pur trait d’écrit – le dessin, si l’on veut. Le nœud borroméen représenté, dessiné, est de cet ordre. Là, il y a écriture, mais dénouée de la voix et de la parole porteuse de sens.

    C’est pourquoi Lacan peut dire que le nœud, ce qu’il prend comme paradigme, change le sens de l’écriture, car c’est une écriture qui vient d’ailleurs que du signifiant, qui n’est pas de l’ordre de la précipitation du signifiant, et qui installe une autonomie de l’écriture par rapport au symbolique.

    Il y a une écriture qui est l’écriture appliquée à la parole, qui reste en relation avec le sens, et puis il y a une écriture pure, dénouée du sens, et qui est par là susceptible de valoir pour le réel. C’est au niveau de cette écriture pure, de cette écriture autre, que Lacan place son nœud.

              3. Un réel hors savoir

    C’est là que je peux vous reglisser le fameux «réel sans loi», qui n’est pas seulement un réel hors sens, mais aussi bien un réel hors savoir. Nous sommes évidemment formés à distinguer le sens et le savoir. Nous sommes formés à isoler le savoir comme pouvant se passer des effets de sens qu’il peut susciter, et nous nous repérons sur ce savoir comme hors sens. Sauf que, en croyant être hors sens, nous gardons tout du sens puisque nous gardons le signifiant, et nous gardons l’essentiel, c’est-à-dire les liaisons internes au signifiant, la syntaxe.

    La syntaxe, un avatar du sens

    La perspective de Lacan montre que la syntaxe est encore un avatar du sens. C’est encore un montage. C’est évidemment aller très loin dans le règne du Un. C’est avec le Un que l’on a une chance d’échapper au sens, parce que précisément on ne fait pas de liaisons.

    Le réel est sans loi, pour vous en donner un repérage possible, élémentaire, il me suffit de vous référer au Séminaire de Lacan sur «La lettre volée», précisément à son introduction publiée après, celle où figure le schéma des alpha, bêta, gamma, delta, qui est fait pour nous illustrer l’automatisme, à nous donner un support symbolique de l’inconscient comme mémoire [6].

    De quoi partons-nous dans cette construction ? On part – c’est le premier niveau – du pur aléatoire, de l’imprévisible, du jet de la pièce qui tombe d’un côté ou qui tombe de l’autre, pile ou face. C’est un objet qui ne se rencontre pas dans la nature, qui est déjà hautement trafiqué. On peut même trafiquer encore un peu plus et faire en sorte que ça tombe régulièrement sur pile. Cela permet de tricher. Ce n’est d’ailleurs pas moins trafiqué si c’est honnête, parce que, dans ce cas-là, c’est un objet justement soigneusement défini pour tomber au hasard, et c’est donc déjà le discours qui a prescrit de l’obtenir ainsi. Il y a évidemment d’autres façons d’essayer de capter ce qui se produit au hasard. Il y a les bonnes vieilles méthodes consistant à définir un périmètre dans le ciel et à voir combien d’oiseaux vont y passer, et encore, cela doit se prêter à on ne sait pas quelle manipulation douteuse.

    Ici, si l’on admet cette fiction, le pile et le face sont disjoints, c’est-à-dire ce n’est pas parce que c’est tombé pile avant que l’on sache le moins du monde ce qui tombera le coup d’après. Autrement dit, le pile et le face sont aussi disjoints que les ronds du nœud borroméen pris deux à deux. Vous pouvez évidemment ramener la loi des grands nombres et dire : «Si la pièce est honnête, et si on pratique ce jet de la pièce un nombre suffisant de fois, on tombera sur du 50 %». Mais là, on s’arrête au rapport du coup d’avant et du coup d’après, et à chaque fois c’est disjoint. La loi des grands nombres ne vous aide en rien à prévoir le coup d’après.

    Ça, c’est le matériel. Ensuite, à quoi procède Lacan ? Il procède à des regroupements des symboles qui marquent ces coups, c’est-à-dire qu’il apporte des liens, il introduit une syntaxe. Et même, il le fait en deux temps. Premièrement, c’est le pur matériel aléatoire. Deuxièmement, regroupement en fonction de symétrie des regroupements. Et troisièmement, recomposition des groupes ainsi formés.

    On assiste autrement dit à une construction qui a trois étages, et dont Lacan note, déjà à l’époque, qu’on y voit comment se composent en trois étages, le réel, l’imaginaire et le symbolique. [7] Il prend le niveau 1 comme celui du réel, le niveau où il y a des regroupements symétriques comme celui de l’imaginaire, et le niveau où il recombine les groupes comme celui du symbolique. Tout son schéma est fait pour montrer comment on passe de l’un à l’autre.

    Dans ce petit jeu, on reste toujours dans le symbolique, parce que l’imaginaire et le réel sont en quelque sorte vus à partir du symbolique, par le moyen de ces petits symboles. Il y a une prévalence du symbolique dans toute cette histoire. Mais en même temps, on voit ici une liaison des trois qui est une architecture, les éléments délivrés par un des registres étant repris dans le suivant, et selon l’ordre réel, imaginaire, symbolique.

    Une architecture

    Sous la réserve que c’est une illustration dans le symbolique, on voit en quoi au premier niveau le réel est sans loi. Au premier niveau, entre le premier coup et le deuxième coup, il n’y a pas de liaison. Vous n’avez aucune régularité à faire valoir entre le premier coup et le deuxième. Vous impliquez déjà ici le réel comme sans loi, et ce que vous allez fixer et articuler comme déterminations et comme lois va dépendre de vos constructions que vous empilez sur le réel sans loi. À ce moment-là vous trouvez des tas de belles choses, bien sûr, bien déduites, bien construites, mais qui sont supportées par le niveau du réel sans loi. Ce que peut-être ensuite vous allez révérer comme la loi, ce n’est rien d’autre que ce que vous avez vous-même obtenu par vos élucubrations.

    À ce niveau-là, au regard du sans loi du réel, on peut dire que le savoir ne vaut pas mieux que le sens. Vous pouvez faire semblant que le savoir est dans le réel, c’est-à-dire imputer au réel les constructions auxquelles vous avez procédé, mais le dernier enseignement de Lacan consiste, à l’envers de cette construction initiale, à soustraire le pur réel sans loi, et au regard du pur réel sans loi, mettre en question, non seulement ce qui fait sens, mais aussi bien ce qui fait savoir.

    C’est dans cette même voie, que j’ai appelée «préférer le réel» [8], que Lacan a amené ce qu’il a appelé lalangue. Pour trouver quelque chose comme lalangue, cela suppose de nettoyer le langage et sa structure, cela suppose de faire tabula rasa du langage et de sa structure et de ramener ça au niveau d’une élucubration de savoir, cela suppose de dire que la linguistique ce n’est pas autre chose que la grammaire. Comme les alpha, bêta, gamma, delta, cela introduit des normes et des déterminations qui sont en sus du niveau du pur réel sans loi. C’est par ce procédé – c’est une perspective, on pourrait en faire un algorithme, séparer le savoir du réel – que l’on voit se dessiner ce que j’appelais la moulinette dans laquelle Lacan passe les concepts freudiens. Je l’ai évoqué pour la pulsion, mais cela n’épargne même pas l’inconscient. C’est une des directions que montre Lacan. Si l’on va jusqu’au bout dans la séparation du savoir et du réel, le concept même d’inconscient n’en sort pas indemne.

    Le réel du nœud

    C’est dans cette voie aussi bien que Lacan trouve son nœud, dont il essaye de tout faire pour qu’il échappe au sens et au savoir. Bien sûr, il y a des théorèmes sur les nœuds, comme il y a des lois du hasard, mais ce n’est pas par ce biais-là qu’il prend le nœud. Il le prend comme le paradigme du réel en tant qu’il défie l’élucubration de savoir. Il note avec plaisir que l’élaboration mathématique n’a entrepris le nœud que très tard, qu’elle a favorisé de tout autres éléments, les surfaces, les poids, que la géométrie est allée dans une tout autre direction, avant de rattraper in extremis le nœud.

    Non seulement le nœud tel qu’il en a fait un paradigme défie l’élucubration, le symbolique, mais cela défie en même temps la manipulation, c’est-à-dire l’imaginaire. C’est pourquoi toutes ces années-là, Lacan insistait à plaisir sur ses maladresses avec le nœud. Cela ne venait pas contrarier ce qu’il disait, mais venait au contraire à l’appui de ce qu’il s’agissait de communiquer. Il insistait sur sa maladresse, ses erreurs, les bévues, les embrouilles, la débilité où nous sommes à l’égard du nœud, et il faisait virer toute cette peine, tous ces malheurs, à faire preuve du réel du nœud.

    Il est allé jusqu’à dire : «Le nœud c’est le réel». Il a fait fort ce jour-là. Cela s’est d’ailleurs prêté depuis lors à une sorte de compréhension mystique, comme si l’ineffable était soudainement devenu palpable. Ce n’est pas «Ceci est mon corps, ceci est mon sang», c’est vraiment «Ceci est mon nœud, qui est le réel». Il s’agit chez Lacan d’une invitation à prendre le nœud tel quel, c’est-à-dire à le prendre en main et non pas à le concevoir, c’est-à-dire au moins ne pas l’élucubrer, et, si l’on veut, donner à voir qu’est mis au premier plan le faire à la place du savoir. Il a d’une certaine façon voulu faire en sorte que le nœud nous représente ce qui vient dans le trou du savoir et où le faire l’emporte sur le savoir.

    Sans doute, le faire et le savoir se rejoignent dans le savoir-faire. Seulement le savoir-faire prescrit un faire convenable, adéquat, mais dont il n’y a pas de savoir séparé. Un savoir-faire, ce n’est pas du savoir au sens du symbolique. Ce n’est pas un savoir de construction, d’empilement d’alpha, bêta, gamma. C’est un savoir qui est tout entier investi dans le faire.

    Épistémophobie

    C’est pourquoi, dans le même temps de son enseignement, Lacan prend clairement ses distances d’avec la science. C’est trop simple encore de parler comme je l’ai fait de sémantophobie [9]. Cela va de pair chez Lacan avec une épistémophobie. Cela va jusqu’au savoir au bénéfice de l’art, de l’art comme forme suprême du savoir-faire. Donc, distance prise par rapport à la science au bénéfice de l’art, en même temps que ravalement de la philosophie et de la pensée.

    Il y a eu chez Lacan, en effet, au début en tout cas de son dernier enseignement, une invitation à ne pas douter de lui, à s’y mettre, à le suivre dans son expérience. Pour ceux qui l’ont pris au pied de la lettre, comme il demandait à l’être, cela a donné ici et là une version des lacaniens qui sont des croyants du nœud, c’est-à-dire ceux qui logiquement ont fait du nœud leur symptôme en décidant d’y croire, si on définit le symptôme par là, c’est-à-dire qui ont fini par croire que le nœud allait parler. Alors que, bien entendu, c’est Lacan, et ses élucubrations, qui le commande, qui l’utilise, qui met du sens. Il dit : «Chacun de ces ronds c’est le réel, le symbolique et l’imaginaire». Et bien sûr, quand il le fait, il fait bien voir qu’il est en infraction avec le pur réel du nœud. Sinon, quoi en faire ? Se prosterner devant ? Faire de la psychanalyse le rite du nœud, d’une forme de secte ? Bien entendu, il faut y mettre du sens en calibrant l’opération à sa place, en se rendant compte de ce que cela a d’exorbitant d’y mettre du sens. Et en effet, quand on y met du sens, on se décale d’un certain registre, on change de dit-mansion, c’est-à-dire que déjà on introduit un autre lieu du dit.

    L’invitation de Lacan à prendre son nœud tel quel, à ne pas en douter, nous donne la valeur de ce que dans le même temps il appelait être dupe. L’invitation à être dupe c’est l’invitation à ne pas mettre du sens, ou à en mettre le moins possible, à ne pas mettre du sens parce qu’avec le sens s’introduisent les embrouilles, et qu’on glisse dans la débilité du sens.

    Un pas-de-conclusion

    Le non-dupe, qu’est-ce qu’il fait ? Le non-dupe sait que le sens est du semblant, mais il se tient au niveau du sens, alors que le dupe lacanien, sachant ce qui est semblant dans le sens, se tient, essaye de se tenir au niveau du réel. Il fait du réel sa référence, et il fait la différence entre semblant et réel. Le non-dupe s’arrête à ceci qu’il n’y a que du semblant, et il méconnaît la thèse du réel.

    Le nœud, comme support du dernier enseignement de Lacan, donne lieu à des exercices limites, puisque Lacan ne peut pas faire qu’il ne mette du sens sur le nœud et sur ses composants, et se livre donc à des contorsions extraordinaires pour s’excuser de cette infraction. Mais il sait très bien ce qu’il fait. Ce qu’il a fait, c’est de se servir du nœud pour nous donner le sens du réel, le concept du réel, avec la précaution, en plus, que ce n’est pas le dernier mot. Il précise, une fois, que le croire ce serait de la paranoïa. Pas de dévotion au nœud. Le nœud borroméen est un simili dernier mot.

    L’absence de point de capiton est impliquée par la discipline du nœud. Peut-être dis-je cela pour sauver Lacan, sauver de ce que l’on pourrait stigmatiser comme inachèvement, enseignement mal ficelé, contradictoire, foutant le camp par tous les bouts, pas cohérent d’un paragraphe à l’autre. Mais je dis au contraire que ce n’est pas un défaut. Il faut savoir faire avec ça, parce que ce ne serait un défaut qu’au regard d’une forme parfaite, qu’au regard de l’idéal déductif procédant more geometrico.

    Cela suppose qu’il y ait des arêtes bien nettes, comme nous avons chez Euclide. Et quand il y a des arêtes bien nettes, en effet, il peut y avoir de l’arrêt. Je pose donc que l’absence de point de capiton est cohérente avec ce dont il s’agit, c’est-à-dire que le réel comme exclusion du sens implique un sans-fin, un pas-de-conclusion.

    Cela ne peut pas être développé jusqu’au bout, car on ne peut pas faire autrement que d’introduire du sens. Le fait qu’on ne puisse pas faire autrement, c’est aussi ce qui met en valeur l’irrémédiable de la débilité mentale, catégorie qui fait rire, mais qui, à bien y regarder, mérite d’être élevée au rang de concept fondamental. Je pourrais même dire en court-circuit que Lacan remplace le concept freudien d’inconscient par celui de débilité mentale. Cela fait le même usage.

    La psychanalyse de la conséquence

    Cela demande un mode de lecture autre par rapport à celui auquel j’ai formé mon auditoire, après m’y être rompu moi-même. Cela demande de casser l’appareil à lire Lacan que j’avais mis au point. Cela donne aussi un autre regard sur la psychanalyse pure, qui n’est pas seulement la psychanalyse sans ménagement, sans tempérament. La psychanalyse pure, c’est la psychanalyse de la conséquence. Elle suppose une logification.

    Sur quoi s’appuie la première éthique de la fin de l’analyse ? Elle s’appuie très précisément sur ce que Lacan appelait la logique du fantasme. Logique, ça c’est la prévalence du symbolique, c’est-à-dire que cette problématique prend appui sur le signifiant, sur le savoir, sur l’élucubration de savoir. C’est son instrument. Cet instrument logique porte sur le fantasme. Or, le fantasme dont il s’agit est lui-même une construction. Comme fondamental, c’est une construction. C’est lui-même une élucubration de savoir, qui repose sur la notion d’une condensation de la jouissance par l’effet du symbolique.

    Le fantasme est ici l’héritier de ce que Lacan appelait au début de son enseignement la relation imaginaire. C’est la transformation de la relation imaginaire par l’introduction du sujet barré et l’élévation de la libido au rang de la jouissance supposée un des noms du réel.

    C’est justement ce qui, dans le dernier enseignement de Lacan, est mis en question. Vous pouvez le voir en court-circuit. Si la jouissance c’est du sens joui, peut-on encore attribuer la jouissance, entre guillemets, au «registre du réel» ? C’est bien parce que le fantasme est l’héritier de la relation imaginaire qu’il a, dans cette problématique, une fonction d’interposition ou d’obtusion, d’où la notion de traversée du fantasme.

    C’est ce que l’on trouve déjà dans le schéma à quatre coins, où l’interposition de la relation imaginaire laisse place à une traversée symbolique. Le fantasme est l’héritier de cette relation.

                                   

    Mais le fantasme, est-ce bien du réel ? Est-ce que ça contient du réel ? Est-ce que c’est le voile du réel ?

    Quand Lacan introduit sa logique du fantasme, il ne dit pas autre chose que le fantasme tient la place du réel dans le clavier logique. C’est comme si c’était du réel quand on est dans la perspective du symbolique. Mais tout l’effort de ce dernier enseignement est justement de se déprendre de cette perspective du symbolique. Il se pourrait bien qu’ici cet objet petit a attribué au réel ne soit pas plus qu’un semblant, et un semblant qui ne va pas plus loin que l’être.

    L’être, un fourre-tout

    C’est là qu’il faut sérieusement faire la différence de l’être et du réel. C’est ce qui chemine dans le Séminaire Encore.

    J’ai eu, il faut dire, un aperçu là-dessus, une indication, que je n’ai pas forcément prise au sérieux à l’époque. J’ai pensé qu’elle venait du côté positiviste, avéré, de mon maître Canguilhem, l’épistémologue. Je le vois encore, au coin du boulevard Saint-Germain et de la rue Saint-Jacques, au moment où je lui indiquai que les vertus que j’acquerrais dans son séminaire d’Histoire des sciences ne m’empêchait pas de m’intéresser à Heidegger, et il m’a balancé, comme il savait le faire : «Ah ! Monsieur Miller, l’être c’est un fourre-tout.» J’ai trouvé cela un peu bas de plafond. Mais il n’avait pas tort. On ne peut pas mieux dire. L’être est un fourre-tout qui ne se laisse pas du tout emprisonner dans le propos « l’être est, le non-être n’est pas », pour la bonne raison que le non-être est dès lors qu’on en parle, et donc que l’être est dans la dépendance du symbolique. Dès qu’on en parle, et dès qu’on donne du sens il y a être. L’être de fiction, c’est un être.

    Si je voulais aller jusque-là, pour fixer les choses aujourd’hui, je dirais : être, c’est avoir du sens, et c’est bien ce qui fait la distance de l’être au réel. Ce sont justement les extravagances de l’être qui en appellent au réel. Ce qui peut ici nous inspirer, c’est une invitation salubre au réalisme, c’est-à-dire à être dupe du réel sans se raconter d’histoires.

    C’est évidemment en tension avec une psychanalyse, parce que, dans une psychanalyse, on se raconte des histoires, on se raconte en histoires, on fait des histoires. Il s’agit néanmoins de ne pas s’arrêter à ce qui a du sens, et même le sens du signifiant. Ce qui laisse à redéfinir dans ce contexte la passe. La passe est encore une histoire, en quelque sorte la dernière histoire qu’on se raconte, et ce serait la dernière histoire qu’on se raconte à propos du réel.

     

    *«Le lieu et le lien», enseignement prononcé dans le cadre du Département de Psychanalyse de Paris VIII, leçon du 24 janvier 2001. Texte établi par Catherine Bonningue. Publié avec l’aimable autorisation de J.-A. Miller. On se reportera au numéro 48 de La Cause freudienne où ont été publiées les deux leçons précédentes sous le titre «Psychanalyse pure, psychanalyse appliquée et psychothérapie».

     

     

    [1]LACAN, Jacques, «Note italienne», Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, P. 310.

    [2] Cette conférence a été publiée dans le bulletin intérieur de l’EFP, Lettres de l’École freudienne de Paris, n°16.

    [3] Ces Séminaires ont été publiés dans Ornicar ? dans les années 70 et 80.

    [4] «Psychanalyse pure, psychanalyse appliquée & psychothérapie», La Cause freudienne n°48, Paris, Seuil, 2001, p. 30.

    [5] Lacan J., « Lituraterre », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, pp. 11-20.

    [6] Lacan J., «Le séminaire sur «La lettre volée», Écrits, Paris, Seuil, 1966, pp. 11-61, et, pour l’Introduction, pp. 44-61.

    [7] Ibid., p. 50.

    [8] «Psychanalyse pure, psychanalyse appliquée & psychothérapie», La Cause freudienne n°48, op. cit., p. 22.

    [9] Ibid., p. 16.