Un texte essentiel pour comprendre la notion de "l'autre femme" dans l'hystérie, distinction très claire avec ce qui y ressemble dans la psychose. L'auteure montre bien la différence des structures ; oedipiennes (à 3) ou reposant sur l'axe a - a' (à 2). - Jérôme Lecaux
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L'Autre femme dans l'hystérie*
Aurélie Pfauwadel
Au-delà de la rivalité phallique : le ravage
« L'autre femme », dans la langue commune, désigne avant tout la rivale, la femme qui inspire jalousie et agressivité, parce qu'elle suscite le désir des hommes et détourne éventuellement celui du mari. Dans la culture populaire, l'autre femme est celle qui déchaîne la paranoïa féminine : en place de double imaginaire, elle est simultanément admirée et ravalée, considérée comme potentiellement dangereuse et haïe.
Ainsi, dans le conte de Blanche-Neige se trouve l'expression « une autre femme »[1], celle que se choisit le roi après la mort de sa première épouse : la fameuse marâtre, fière et orgueilleuse, qui interroge sans cesse son miroir pour savoir qui est la plus belle femme du royaume. Mais, dans ce conte, la figure de l'autre femme est bien plutôt incarnée par Blanche-Neige pour la marâtre, du jour où le verdict du miroir tombe : « Blanche-Neige est mille fois plus belle que vous ! » C'est alors que la haine destructrice de la marâtre, menacée dans sa place d'exception, dans l'unicité de sa fabuleuse beauté, s'abat sur sa concurrente.
Un détour liminaire par l'analyse de ce conte peut nous permettre d'approcher les enjeux cristallisés autour de cette figure de l'autre femme. Ceux-ci concernent l'énigme de la féminité, là où la transmission mère-fille se révèle structurellement déficiente.
En effet, ce conte bien connu traite, de manière légèrement déplacée, de la question du ravage dans les rapports entre mère et fille. C'est le fil rouge que l'on peut suivre dans la lecture du conte[2]. Rappelez-vous l'incipit de la légende : la reine émet le vœu d'avoir un enfant, une fille belle, à la peau blanche comme la neige, aux lèvres rouges comme le sang et aux cheveux noirs comme l'ébène. Mais la mère de Blanche-Neige meurt en accouchant de sa fille et se voit bientôt remplacée par cette marâtre qui, en tant que femme du père, représente de manière non voilée la femme fatale dans la mère.
Comment mère et fille peuvent-elles coexister en tant que femmes ? Comment penser le statut de la belle image féminine dans la relation mère-fille ? C'est le problème, au fond, que pose ce conte. On pourrait tout à fait proposer une lecture œdipienne de celui-ci, comme le fit Bruno Bettelheim dans sa Psychanalyse des contes de fées, mettant en avant les effets désastreux du narcissisme et de la rivalité phallique entre mère et fille[3]. Mais il paraît plus intéressant de proposer une lecture du conte au-delà de l'Œdipe et de l'interpréter comme un récit sur le ravage à l'œuvre dans la relation mère-fille. La rage de la marâtre à l'encontre de Blanche-Neige est sans limite : elle commet quatre tentatives d'assassinat, allant jusqu'à dévorer les abats d'un marcassin en pensant qu'il s'agit de ceux de sa belle-fille ! On a bien affaire, avec cette cruelle marâtre, à cette zone obscure du désir de la mère qui n'est pas saturée par le Nom-du-Père, qui n'est pas régulée par le phallus symbolique et a rapport avec ce que Lacan qualifie de pas-tout féminin, de jouissance proprement féminine[4].
De même, le rôle fondamental de l'image et du miroir dans le conte va bien au-delà d'une simple dénonciation de la vanité ou du narcissisme féminin et mène également à cette question du ravage. Pourquoi l'énoncé du miroir, selon lequel Blanche-Neige est la plus belle, déchaîne-t-il un tel flot de violence de la part de la reine ? Parce que la marâtre subit alors un dessaisissement de son image qui la confronte au gouffre.
Là où, comme le dit Lacan, La Femme n'existe pas, où manque un signifiant pour définir La Femme, c'est justement la belle image féminine qui vient recouvrir ce trou, masquer cette absence d'identité féminine assurée. La reine est sous la menace de se voir ravir son image par Blanche-Neige. Nous pouvons reprendre ici l'analyse de Lacan sur Le ravissement de Lol V. Stein de Marguerite Duras[5] : si l'image est ravissante, elle est aussi ravissable. Entre mère et fille, il n'y a pas ici deux images, mais une seule, mythique, celle de La Femme. De là cette alternative fatale : soit la belle image, soit la mort.
Le conte nous permet donc de saisir pourquoi l'autre femme peut susciter chez une femme des ravages, portant bien au-delà d'une simple rivalité phallique. Ainsi, nous allons voir que l'Autre femme constitue pour le sujet hystérique un point pivot, au croisement des embrouilles phalliques et de questions d'un autre ordre, portant sur la jouissance proprement féminine. C'est ce qui constitue toute la richesse clinique de cette instance de l'Autre femme — en tant qu'elle incarne l'énigme de la féminité pour le sujet, elle ouvre sur un au-delà de l'Œdipe et sur un au-delà du phallus[6].
L'autre femme dans la psychose et l'Autre femme dans la névrose hystérique
Peut-on parler au même titre d'« autre femme » dans la psychose et dans la névrose hystérique ? Non : la notion de l'Autre femme, telle qu'elle a été hissée à la dimension d'un concept psychanalytique par Lacan, est une instance caractéristique de l'hystérie — et c'est même là l'apport majeur de Lacan à la clinique de ce type de névrose.
Dans la névrose hystérique, l'instance de l'Autre femme déborde largement le plan simplement imaginaire du double ou de la rivale (et donc l'axe a-a'). L'Autre femme existe comme élément d'une structure qui comprend trois autres termes : le sujet, le Père mythique et le phallus.
On peut, bien sûr, observer dans la clinique, chez certains sujets psychotiques, l'existence d'une figure de double féminin — mais qui n'a pas la même teneur. Dans la psychose, la fixation à une autre femme ou la focalisation sur une figure féminine est une conséquence de la forclusion du Nom-du-Père, et vient jouer comme soutien imaginaire (sur l'axe a-a'), comme une suppléance fournissant au sujet une image du corps i(a). C'est d'ailleurs pourquoi, en raison de ce primat de l'imaginaire caractéristique de la psychose, l'autre femme peut aussi bien constituer le support spéculaire à l'image d'un corps défaillant qu'elle peut, à l'inverse, tomber en place de persécutrice susceptible de ravir cette image du corps. Pour peu que le délire paranoïaque s'en mêle, elle devient alors la cible toute désignée d'un potentiel passage à l'acte susceptible de restituer ou de restaurer cette consistance corporelle.
Ces doubles féminins, dans la psychose, peuvent parfois induire en erreur ou entraîner des difficultés de diagnostic différentiel avec l'hystérie. La dissemblance essentielle, nous l'avons souligné, réside dans le fait que l'Autre femme dans la névrose hystérique constitue un élément de la structure symbolique inconsciente, articulé au Père et au phallus symboliques.
Dans l'hystérie, l'Autre femme n'est pas n'importe quelle autre femme. Il s'agit précisément d'une femme qui n'est pas considérée comme les autres. La question est donc de savoir à quel moment, pour une hystérique, une autre femme devient l'Autre femme. Qu'est-ce qui lui donne son caractère spécifique et fait surgir la fonction de l'Autre femme ? À quoi sert cette instance pour le sujet hystérique ?
Par deux
Dans son film Une nouvelle ami[7]7, François Ozon met subtilement en scène la fonction que peut jouer pour une femme l'image d'une autre, incarnée par la figure de la « meilleure amie ». Romain Duris en travesti vient, à grand renfort de perruque blonde, talons hauts et rouge-à-lèvres, s'insérer à la place exacte qu'occupait la meilleure amie décédée de Claire. Le spectateur assiste autant à la métamorphose de « Virginia » qu'à celle de Claire qui « se sent enfin devenir femme », selon les paroles du vieux tube de Nicole Croisille qui résonnent au plus près de leurs enjeux intimes. Superposition des plans où l'une et l'autre se maquillent : l'être de chacune se trouve comme suspendu aux parures et à la mascarade qui façonnent imaginairement La Femme. L'érotisme trouble et palpable qui circule entre elles relève d'un attrait partagé pour l'hétéros. C'est La Femme qui les attire et qu'elles veulent être, simultanément — selon la logique du pousse-à-la-femme pour Virginia, et de l'hystérie chez Claire.
La fréquence avec laquelle se rencontre dans la clinique — notamment dans la pratique avec les petites filles et les adolescentes, mais aussi avec les femmes devenues adultes — ce personnage singulier de la « meilleure amie » mérite l'attention du psychanalyste, ainsi que le relève très justement Virginie Leblanc[8]. C'est que cette figure n'est ni anecdotique, ni contingente, mais comporte une dimension structurale.
Pourquoi les filles s'accointent-elles bien souvent et spontanément par paires ? Lacan relève cette tendance à l'appariement entre filles : « Dans la pratique, dans ce que nous connaissons de nos jours, les garçons se mettent toujours un certain nombre, au-delà de la dizaine, pour la raison que je vous ai exposée tout à l'heure, parce que, être tout seul, chacun en face de sa chacune, je vous l'ai expliqué, c'est trop plein de risques. Pour les filles, c'est autre chose. [...] elles se groupent deux par deux, elles font amie-amie avec une amie jusqu'à ce qu'elles aient arraché un gars à son régiment. Oui, monsieur. Quoi que vous en pensiez, et si superficiels que vous paraissent ces propos, ils sont fondés, fondés sur mon expérience d'analyste. Quand elles ont détourné un gars de son régiment, naturellement elles laissent tomber l'amie, qui d'ailleurs ne s'en débrouille pas plus mal pour autant. »[9]
Lacan nous propose ici un « répartitoire sexuel »[10] à la fois très juste et comique. Le garçon est situé du côté du « pour tous » du régiment, et a besoin de l'appui phallique de ses camarades pour oser affronter l'hétéros de l'Autre sexe, bien trop effrayant pour un-tout-seul.
Côté fille, il s'agit d'un couplage temporaire formé avec une autre, à l'heure de l'éveil du printemps et des premiers émois amoureux, pour un apprentissage à deux de la féminité. Que cette figure de la meilleure amie soit si présente à l'adolescence pour les jeunes filles (ce qui est le cas de Dora, par exemple, lorsqu'elle s'attache passionnément à Mme K.), indique bien qu'elle est à relier à ce que, de la féminité, la mère ne peut transmettre. Tout se passe comme si, quelle que soit d'ailleurs la transmission effective, elle était toujours insuffisante. La raison en est structurelle : la mère ne peut pas fournir à sa fille un savoir sur ce que serait la femme, puisqu'un tel savoir n'existe pas.[11]
Il n'y a pas de signifiant de La Femme dans l'Autre du langage, rien dans le symbolique susceptible de fournir une identité assurée, ce qui implique que le devenir féminin se caractérise par un défaut identificatoire notoire. C'est à ce trou, ce défaut radical dans l'Autre que la fille doit s'affronter. Et c'est précisément parce qu'il manque un universel identificatoire que la solution trouvée par une femme à l'énigme du féminin en passe communément par la fixation, l'accroche au corps d'une femme singulière ou de quelques autres[12].
Lacan ajoute que dès que l'une de ces « amie-amie » trouve un garçon, elle s'empresse de s'y coller, laissant tomber la copine qui, dit-il, « ne s'en débrouille pas plus mal », s'apprêtant sans doute à faire de même. Pour autant, il ne faudrait pas négliger ce fait clinique qu'une telle perte peut entraîner une extrême souffrance pour une jeune fille, de l'ordre du chagrin d'amour, autrement dit du ravage amoureux, la laissant dans une solitude radicale.
« L'homosexualité inconsciente » de Dora
Mme K., partenaire de Dora dans le célèbre cas analysé par Freud, en est venue à constituer le paradigme de l'Autre femme dans la théorie analytique. La principale avancée opérée par Lacan concernant le cas Dora est de sortir de l'ornière œdipienne qui avait conduit Freud à considérer que M. K. était un avatar du père, et le véritable objet du désir de Dora.
Freud revient à la fin du cas sur ce qu'il appelle la « gynécophilie » (amour du féminin) de l'hystérique[13]. C'est selon lui ce qu'il a « omis de deviner à temps »[14] et qui a raté dans ce cas. La longue note dans laquelle Freud dit s'être trompé ne date pas de 1905, mais de 1923 : c'est là qu'il expose son erreur technique de ne pas avoir interprété à Dora son « amour homosexuel » pour Mme K. Freud souligne qu'il rencontre toujours cette homosexualité inconsciente dans les cas de névrose hystérique et que cela lui fait difficulté[15]. Il repère également que : « Lorsque Dora parlait de Mme K..., elle faisait l'éloge de la «blancheur ravissante de son corps» sur un ton qui rappelait plutôt celui d'une amoureuse que celui d'une rivale vaincue »[16]. Il lui fait remarquer qu'elle est jalouse comme un homme : elle n'envie pas tant à cette femme la possession de son père qu'elle n'envie à son père l'amour de cette femme. Alors : que représente Mme K. pour Dora ?
L'Autre femme comme question
Le problème réside dans le fait que Freud s'est trop focalisé sur la question de l'objet (quel est l'objet d'amour et de désir de Dora ?), plutôt que de se demander : à qui Dora est-elle identifiée, qui désire dans Dora ? C'est ce que relève Lacan dans le Séminaire in : « Et Freud finit par s'apercevoir que [...] c'est Mme K. l'objet qui intéresse vraiment Dora, en tant qu'elle est elle-même identifiée à M. K. La question de savoir où est le moi de Dora est ainsi résolue — le moi de Dora, c'est Monsieur K. La fonction remplie dans le schéma du stade du miroir par l'image spéculaire [...], ce point externe d'identification imaginaire, c'est dans M. K. que Dora le place. »[17]
Lacan insiste : M. K... n'est pas l'objet d'amour de Dora, mais plutôt celui à qui elle s'identifie de manière imaginaire, son Moi en quelque sorte, « pour autant que c'est par son intermédiaire qu'elle peut effectivement soutenir son rapport à Mme K »[18]. Dans le Séminaire IV, Lacan applique son schéma L au cas Dora : il apparaît alors clairement que le rapport de l'hystérique à l'Autre femme s'inscrit dans un quadrilatère (sujet, père, homme phallique, Autre femme). On y lit que l'Autre femme, Mme K., ne se situe pas pour Dora sur l'axe imaginaire mais sur l'axe symbolique — Mme K., c'est « la question » de Dora[19].
Rappelons que si « la question » caractéristique de la névrose obsessionnelle est « suis-je mort ou vivant ? », celle de l'hystérique est « suis-je un homme ou une femme ? ». La question de Mme K est donc ici : qu'est-ce qu'une femme ?
L'Autre femme et le phallus
Pour y répondre, les hystériques en passent par le détour d'une identification masculine, modifiant ainsi la question de la manière suivante : qu'est-ce qu'une femme pour un homme ?
Ainsi, les femmes hystériques ont l'œil (l'œil masculin) et scrutent littéralement les autres femmes à la recherche du ou des traits susceptibles de plaire à un homme, de capter le désir masculin. Qu'est-ce qui, chez une femme, suscite le désir et l'amour de l'homme ? La réponse que se donne le sujet hystérique peut être pensée sous les espèces du phallus symbolique, comme signifiant du désir, ainsi que l'exemplifie parfaitement le rêve de « la belle bouchère ». Pensons au « trait de maigreur » de l'amie de la belle bouchère, dont le mari « parle toujours avec avantage »[20], alors que, pourtant, il préfère les femmes rondes — la maigreur étant à ce titre un défaut, un point de manque. De là la question hystérique que déploie Lacan : « Comment une autre peut-elle être aimée [...] par un homme qui ne saurait s'en satisfaire [...] ? Voilà la question mise au point, qui est très généralement celle de l'identification hystérique. »[21]
Mais cette recherche d'une réponse sur l'objet du désir mobilise plus souvent de manière prégnante le phallus imaginaire. L’Autre femme apparaît comme la femme phallique, celle qui « a », du côté d'un plein et d'une complétude. Quel est « ce truc en plus qu'elle a et que je n'ai pas », me demandait une patiente ? Cette question avait surgi quelques années auparavant lorsqu'un compagnon l'avait quittée en lui disant qu'il l'aimait beaucoup « mais qu'elle n'avait pas le truc en plus ! ». Elle s'est trouvée dès lors plongée dans des abîmes d'interrogations, ayant perdu toute confiance en elle dans les relations avec les hommes. Elle se focalise désormais sur le fait qu'elle ne se trouve « pas intelligente » et craint de paraître inintéressante aux yeux des hommes. « Elle ne sait pas beaucoup de choses », dit-elle — mais ce qu'elle ignore en réalité c'est que le savoir dont elle manque est d'un tout autre type et concerne bien plutôt sa féminité.
Une autre patiente, dans un rêve, dit se trouver nue face à celle qui incarne pour elle l'Autre femme, également nue : « elle a exactement le même corps que le mien, comme mon image dans le miroir, mais avec, en plus, un pénis en érection ». Par un jeu subtil sur le même et l'autre, on voit ici le Deux surgir du Un du corps propre, et l'Autre femme avec cet en-plus collé sur le corps s'en trouve dévoilée dans son statut de sécrétion imaginaire d'Un corps[22].
L'Autre femme comme objet petit a
Deux voies se présentent pour cerner ce qui se cache sous cette instance de l'Autre femme pour un sujet hystérique : d'une part, ainsi que nous l'avons vu, celle du phallus et d'un rapport problématique à la jouissance phallique et sexuelle ; d'autre part, celle de l'objet petit a et de la jouissance pulsionnelle.
Dans son texte des Écrits « Intervention sur le transfert », Lacan relève que l'hystérique rencontre une difficulté à s'accepter comme objet du désir de Phomme[23]. Qu'est-ce qu'une femme pour un homme ? Si l'on se souvient du tableau de la sexuation du Séminaire xx, Encore, qui inscrit qu'une femme, pour l'homme, se réduit à l'objet petit a, c'est bien cela qu'en fin de compte Dora interroge. En Mme K., elle cherche la vérité cachée de son propre être, ce qu'elle pourrait être, elle, pour un homme.
Ainsi, dans le Séminaire vin, Le transfert, Lacan propose une écriture spéciale pour le fantasme hystérique, qui empêche de l'écrire selon la formule générale du fantasme (S <> a)[24] :
a
-ϕ<> A
Dans ce mathème, petit a est situé à gauche, non à droite, ce qui veut dire que l'objet a n'est pas tant ce que l'hystérique découvre dans l'autre, que ce qu'elle est pour l'autre. En l'autre, selon Lacan, l'hystérique trouve moins un objet de désir que quelqu'un qui ait envie du « petit rien », du mystère qu'elle tient en réserve. De même, dans le mathème du discours de l'hystérique, que Lacan élabore dans le Séminaire XVII, L'envers de la psychanalyse, la part du sujet qui est cachée à lui-même et qui est sa vérité, c'est justement sa nature d'objet[25] :
S S1
à
a S2
« Quel objet suis-je pour un homme ? » La clinique regorge de ce type de considérations, de la part des sujets hystériques : « J'ai peur qu'il me réduise à n'être que son objet sexuel, or, je revendique d'être autre chose, d'être un objet d'amour, etc. »
Ainsi, Dora se polarise sur Mme K. parce qu'elle incarne ce qu'est une femme comme objet du désir et d'amour d'un homme Cela peut nous permettre de mieux comprendre la bascule qui a lieu lors de la fameuse scène du lac et la gifle que Dora donne à M. K., au moment où il lui dit : « Ma femme n'est rien pour moi »[26] — alors que Mme K., en un sens, est « tout » pour Dora, puisque ce n'est rien de moins que son propre être qu'elle interroge par sa médiation. Il faut donc donner, avec Lacan, toute sa portée au terme « rien » employé par M. K. En effet, Dora soutenait l'amour de son père pour Mme K. en tant qu'elle considérait recevoir, bénéficier d'une partie de cet amour, même par l'intermédiaire d'une autre.
Or, si « M. K. ne s'intéresse qu'à elle, c'est que son père ne s'intéresse qu'à Mme K., et dès lors elle ne peut plus le tolérer. Pourquoi ? »[27] Parce que là où elle bénéficiait auparavant de l'agalma de Mme K., après ces paroles, « elle ne peut vivre cette situation qu'en se sentant réduite purement et simplement à l'état d'objet »[28]. De l'objet a agalmatique et cause du désir, elle choit alors au statut de « pur et simple objet », de simple objet d'échange. De là, le scandale qu'elle fait éclater, se plaignant d'être victime d'un pacte échangiste entre son père et M. K. Elle se met alors à revendiquer l'amour du père, qu'auparavant elle considérait recevoir. Lorsque M. K. prononce ces mots, c'est toute la construction fantasmatique de Dora qui se trouve dénudée et s'effondre. Dora se trouve sans médiation face à l'énigme de la féminité, et c'est alors qu'elle gifle M. K., celui qui, à ce moment-là, annule son désir.
L'Autre femme dans l'hystérie équivalent d'Un-père dans la psychose
Dans son cours « Extimité » du 18 décembre 1985[29], Jacques-Alain Miller effectue un parallèle entre la fonction d'« Un-père» que Lacan relève à propos des psychoses, et la fonction de l'Autre femme dans l'hystérie. Le surgissement d'une Autre femme singulière, dans une conjoncture qui résonne avec l'inconscient d'un sujet, peut déclencher une névrose hystérique, produire effondrement ou état dépressif.
J.-A. Miller rapporte l'exemple clinique suivant : une femme, qui avait jusqu'alors une relation très libre avec son mari, supportant très bien les relations multiples de celui-ci, s'effondre subitement le jour où son compagnon prend pour partenaire une nonne. Cette religieuse vient en place d'Autre femme pour la patiente.
J.-A. Miller souligne que cette instance de l'Autre femme fonctionne avec un troisième terme qui est l'homme, et un quatrième terme, « un terme de valeur », le « symbole phallique ». « C'est bien à installer le quatrième terme dans ce ternaire que l'on peut expliquer l'effet ravageant, foudroyant, de la scène qui forme la conjoncture de déclenchement. Elle se trouve là, par rapport à l'Autre, précipitée à la place où elle est dépourvue de valeur. Toutes les assurances de son mari, à savoir que c'est elle qu'il aime, ne font pour des raisons de structure, qu'accentuer sa déperdition. »[30] Ainsi, pour qu'une femme vienne prendre le rôle de l'Autre femme, il faut que soit touchée la position privilégiée qu'une femme a dans la vie d'un homme. À ce titre, on peut très bien supposer qu'autre chose qu'une femme (un événement, un mot, etc.) puisse venir atteindre, mettre en mouvement cette fonction de l'Autre femme, ébranler l'équilibre du fantasme hystérique et déclencher le ravage.
Sous le corps de l'Autre femme : l'objet a du Père
En tant que l'hystérique emprunte ce détour de l'identification masculine pour questionner la féminité, l'Autre femme n'est qu'un fantasme d'homme. L'abord du corps de l'Autre femme est conforme à une logique masculine qui appréhende le féminin par l'entremise du fantasme et de l'objet a mis en place de partenaire. Sous l'Autre femme, il convient donc à l'analyste de chercher l'objet a qui fait tenir le montage fantasmatique. Ainsi, au cœur du manège de Dora, gît l'objet oral : la scène de l'enfance où elle suçote son pouce en tiraillant l'oreille de son frère fournit « la matrice imaginaire »[31] qui donne « la mesure de ce que signifient maintenant pour elle la femme et l'homme »[32] : « La femme, c'est l'objet impossible à détacher d'un primitif désir oral et où il faut pourtant qu'elle apprenne à reconnaître sa propre nature génitale. »[33] Lacan souligne que la jouissance orale à l'oeuvre dans les symptômes de Dora (toux, aphonie) est à rapporter à une identification aux symptômes prélevés sur le corps du père (tabès, tuberculose, supposée pratique du cunnilingus liée à son impuissance). « Le symptôme hystérique... c'est le symptôme pour Lom d'intéresser au symptôme de l'autre comme tel »[34]. Ainsi, Dora est littéralement branchée sur le corps de son père, et ce qui fait pour elle père-version, c'est la modalité spécifique par laquelle elle suppose qu'il se rapporte au corps d'une femme. Si elle s'intéresse autant au corps de l'Autre femme, c'est en tant que celle-ci « est symptôme d'un autre corps »[35], du corps du père. Dora se voue donc, par la jouissance Une dont est affecté son corps propre, à faire exister le rapport sexuel entre le Père jouisseur et La Femme[36].
La croyance en La Femme comme sujet supposé savoir
Revenons au mathème du fantasme hystérique proposé par Lacan dans le Séminaire vin, Le transfert. Comment comprendre le « grand A » écrit sur l'autre versant de la formule, séparé par le poinçon que Lacan propose de lire « désir de » ?
Cette écriture met en exergue que c'est d'un rapport à l'Autre, à un Autre non barré, que l'hystérique soutient son désir et pose sa question de sujet. Elle attribue à l'Autre femme le savoir, énigmatique, sur « l'essence de la féminité », auquel elle-même n'a pas accès. Ainsi, Dora n'arrive pas à assumer sa féminité, elle ne sait pas comment faire avec le désir d'un homme, et elle suppose que Mme K., elle, elle sait. Elle est le sujet supposé savoir ce qu'est être une femme et ce qu'une femme est pour un homme[37] : « l'hystérique s'introduit de ne pas se prendre pour la femme. En quoi ne se prend-elle pas pour la femme ? Précisément en ceci que, dans cette structure que je viens d'articuler comme étant celle du sujet femme, elle fait ce sujet supposé savoir. En d'autres termes, souvenez-vous de Dora, l'hystérique est intéressée, captivée par la femme en tant qu'elle croit que la femme est celle qui sait ce qu'il faut pour la jouissance de l'homme. »[38]
Dans le cas de Dora, on voit que Mme K. est située non pas du côté d'une femme, mais de LA femme, celle que Dora voudrait faire exister en dépit du fait, comme nous l'avons vu avec Lacan, qu' « elle n'existe pas ». L'Autre femme est située du côté d'une complétude et d'un refus de la castration. Dora est fascinée, en adoration devant Mme K., comme elle a pu l'être devant le tableau de la Madone au musée de Dresde, qu'elle a contemplé durant deux heures.[39]
Du corps hyper-sexualisé au corps hors sexe
Ainsi, le rapport de l'hystérique au corps de l'Autre femme est très paradoxal, puisque d'un côté, il est sexualisé au plus haut point, et d'un autre, il est appréhendé comme un corps divinisé et hors sexe. C'est limpide dans le cas de Dora.
Selon le premier versant, elle situe Mme K. en place d'objet éminemment désirable. D'ailleurs, ce qui fait que Mme K. a été érigée au rang d'Autre femme par Dora, c'est qu'elle joue pour la jeune fille une fonction essentielle de privation du phallus et même du pénis[40]. Marie-Hélène Brousse le souligne, de manière très claire[41]. Mme K. a deux fonctions : être un soutien de la féminité mais aussi une deuxième fonction, de privation, ainsi que Lacan le met en exergue dans le Séminaire XVII. D'une manière générale, comme il est bien connu, l'hystérique jouit de se priver de la jouissance (ce qu'illustre, typiquement, le rêve de la belle bouchère). Le fait de laisser quelque chose à une autre est caractéristique de la position hystérique. Plus spécifiquement, il apparaît bien souvent que l'hystérique laisse à une autre femme la jouissance de l'organe de l'homme. « Souvent on cherche l'Autre femme, et on dit : c'est la soeur, c'est la mère... Non, pour pouvoir appeler un élément l'Autre femme, il faut qu'elle ait cette fonction de privation, si elle ne l'a pas, ce n'est pas l'Autre femme. (...) L'Autre femme fonctionne tout à fait différemment de la rivale et son trait structural, c'est celui de la privation, il faut que ça la prive mais de quoi ? De l'organe ! »[42] Donc Dora s'identifie à M. K. en tant qu'il est puissant et porteur de l'organe — mais c'est pour mieux en laisser l'usage réel à Mme K. Cette privation de l'organe qui « célèbre la féminité flamboyante » de Mme K. est, dans l'hystérie, « destinée à l'érection de la statue de la féminité, laquelle fonctionne comme phallus »[43].
Ce qui nous conduit au second versant : Dora situe Mme K. non pas seulement du côté du sexuel, mais du côté du sacré. C'est en cela que réside la teinte de transcendance caractéristique de l'Autre femme. Elle adore cette femme comme une déesse, comme un Autre absolu, non barré, ni soumis à la castration — de là son association à la Vierge, c'est-à-dire à une Autre femme non entachée par la sexualité[44]. Pour Dora, le problème « est au fond de s'accepter comme objet du désir de l'homme »[45], et son idolâtrie pour Mme K. « la pousse vers la solution que le christianisme a donnée à cette impasse subjective, en faisant de la femme l'objet d'un désir divin ou un objet transcendant du désir »[46]. Dora, par diverses stratégies (notamment sa dérobade, son refus d'être en place d'objet sexuel), maintient ainsi le mystère d'une féminité toujours inaccessible, inatteignable par l'homme et sa jouissance phallique.
L'Autre femme comme Autre absolu, Autre de l'Un
Comme l'écrit Rose-Paule Vinciguerra dans son article « Position hystérique et position féminine » : « L’hystérique croit à La Femme, autre façon de nommer la jouissance du père, en tant qu'elle n'entrerait pas dans le cycle de l'échange des femmes — cela la justifie de ne pas participer à cet échange — et elle magnifie le mystère qu'une femme accepte justement de perdre, au jeu de la jouissance phallique. Privée de cette jouissance, elle se sent aussi en-deçà d'une jouissance toute de La femme. »[47]
C'est ainsi que l'on peut interpréter ce passage du Séminaire XVI : « Ce que l'hystérique refoule, dit-on, c'est la jouissance sexuelle. En réalité, elle promeut le point à l'infini de la jouissance comme absolue. Elle promeut la castration au niveau de ce Nom-du-Père symbolique, à l'endroit duquel elle se pose comme voulant être, au dernier temps, sa jouissance. Et c'est parce que cette jouissance ne peut être atteinte qu'elle en refuse toute autre, qui, au regard de ce rapport absolu qu'il s'agit pour elle de poser, aurait un caractère de diminution [...]. »[48] Dans le dernier chapitre du Séminaire XVI « De l'Un-en-plus », Lacan montre comment l'hystérique fait exister l'Un d'exception, du côté du Père. Elle viserait ainsi à faire consister, exister, la figure d'une jouissance absolue, qui peut à l'occasion se confondre avec celle d'un père mythique : jouissance absolue du Père de la horde qui possède toutes les femmes. Mais elle croit aussi bien à La Femme toute, son Autre absolu. « Ainsi, à la place refoulée dans son fantasme du «Père-La-Jouissance» répond celle de La femme Sphinge. En ce sens, elle tente de se faire l'Autre de l'Un et non pas Autre pour un homme. »[49]
Au-delà des jouissances relatives de l'homme (la jouissance phallique est relative, localisée dans l'organe voué à la détumescence), l'hystérique leur préfère la jouissance absolue. C'est en fonction de cette référence, qu'elle choisit le refus. L'hystérique a tendance à se détourner des jouissances finies et à se tourner vers cette jouissance infinie[50] — qui est ici une jouissance mythique, à ne pas confondre avec la jouissance féminine, pas-toute phallique, qui peut réellement s'éprouver.
L'Autre femme comme traitement phallique de l'Autre jouissance
Confrontée à la question de la jouissance proprement féminine, pas-toute localisée du côté de la jouissance phallique, l'hystérique tente — en vain — de l'articuler symboliquement via cette instance de l'Autre femme. Dans le Séminaire IV, après avoir évoqué l'association de Mme K. à la Madone sacrée, Lacan a cette formule frappante : « M. K. est la façon dont elle normative cette position, en essayant de réintégrer dans le circuit l'élément masculin. »[51] L'Autre femme comme instance articulée au phallus vise donc -à « normaliser », à donner sens phallique à ce qui de la jouissance féminine, justement, se situe hors sens et en dehors de la norme-mâle. L'Autre femme serait ainsi une manière de traiter l'Autre jouissance : de l'identifier et de la localiser — en un autre corps.
Le refus hystérique de la jouissance féminine, son système de défense, en passe donc par l'équivalence erronée qu'elle établit entre la jouissance pas-toute et la jouissance absolue qui serait celle de La Femme si elle existait — autre façon, en réalité, de nommer la jouissance du Père[52].
Si une hystérique s'efforce de maintenir un rapport à A, à l'Autre absolu, une femme a quant à elle rapport à S (Ⱥ)[53]. Là où, pour une hystérique, l'Autre femme constitue l'Autre absolue, une femme est pour elle-même femme en tant qu'autre à elle-même : c'est elle-même, l'autre femme. En effet, Lacan indique qu'il est structurel qu'une femme jouisse d'elle-même en tant qu'autre à elle-même, au-delà du phallus, dans une altérité radicale. C'est pourquoi Lacan dit qu'une femme est toujours un peu « absente d'elle-même »[54], étrangère à elle-même en tant que pas-toute dans la jouissance phallique. C'est l'autre femme qu'elle est pour elle-même qui devient son partenaire.
Conclusion
La fascination pour l'Autre femme peut donc être déconstruite selon deux modalités dans la cure : ramenée à un en deçà, par réduction de cet Autre qui n'existe pas, à l'Un de la jouissance pulsionnelle du corps propre ; ou par un trajet jusqu'à cette zone, au-delà de l'Œdipe, où le corps Autre, plutôt que d'être externalisé, puisse être assumé comme une possibilité caractéristique du corps féminin traversé par l'Autre jouissance.
(*) Texte publié dans A-graphe 2014-2015
[1] Cf la version en ligne du conte des frères Grimm sur le site : legende-et-conte.com.
[2] Cf notre analyse « Blanche neige au-delà de l'Œdipe » [podcast audio], 17/09/2014, 10'51", disponible à l'adresse : www.radiolacan.com/fr/topic/233/3.
[3] Bettelheim B., Psychanalyse des contes de fées, Paris, Pocket, 1999, p. 293-323.
[4] Cf Lacan J., Le Séminaire, livre XX, Encore, Paris, Seuil, 1975.
[5] Cf. Lacan J., « Hommage fait à Marguerite Duras, du ravissement de Lol V. Stein », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 191-197.
[6] Ainsi, ce n'est pas sans raison si le chapitre vs (« Le maître châtré ») du Séminaire, livre xvii, L'envers de la psychanalyse ¬où Lacan reprend ses analyses du cas Dora — se situe dans la partie de l'ouvrage intitulée par Jacques-Alain Miller « Au-delà du complexe d'Œdipe ».
[7] Ozon F., Une nouvelle amie, film sorti en salle en novembre 2014, avec Anaïs Demoustier et Romain Duris.
[8] Cf. Leblanc V., « L'Autre femme dans la psychose et dans la névrose », mémoire de Master 1 de psychologie clinique dirigé par Paul-Laurent Assoun, Université Paris vu, 2011, inédit. Les développements qui suivent sur cette question de la « meilleure amie » s'appuient sur ce remarquable travail.
[9] Lacan J., Je parle aux murs, Paris, Seuil, 2011, p. 84-85.
[10] Cf. Miller J.-A., « Un répartitoire sexuel », La Cause freudienne, n° 40, 01/1999.
[11] Cf. Lacan J., Le Séminaire, livre xx, Encore, op. cit.
[12] Cf. Leblanc V., op. cit.
[13] Freud S., « Fragment d'une analyse d'hystérie (Dora) », Cinq psychanalyses, Paris, PUF, 1954, rééd. 1989, note (I) p. 90.
[14] Ibid.
[15] Ibid.
[16] Ibid., p. 44.
[17] Lacan J., Le Séminaire, livre ni, Les psychoses, Paris, Seuil, 1981, p. 197.
[18] Ibid., p. 105.
[19] Lacan J., Le Séminaire, livre iv, La relation d'objet, Paris, Seuil, 1994, p. 143.
[20] Lacan J., « La direction de la cure », Écrits, Paris, Seuil, p. 626.
[21] Ibid.
[22] Nous reprenons là des éléments exposés également dans notre article « Celui de l'autre femme », La Cause du désir, n° 89, Paris, Navarin, 03/2015, p. 30.
[23] Cf. Lacan J., « Intervention sur le transfert », Écrits, op. cit., p. 222.
[24] Lacan J., Le Séminaire, livre VIII, Le transfert, Paris, Seuil, 2001, p. 295.
[25] Lacan J., Le Séminaire, livre XVII, L'envers de la psychanalyse, Paris, Seuil, 1991, p. 107.
[26] Freud S., « Fragment d'une analyse d'hystérie (Dora) », Cinq psychanalyses, op. cit., p.73.
[27] Lacan J., Le Séminaire, livre IV, La relation d'objet, op. cit., p. 143.
[28] Ibid., p.144.
[29] Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Extimité », enseignement prononcé dans le cadre du département de l'université de Paris VIII, 1985-1986, séance du 18-12-85, inédit. Disponible à l'adresse : https://aveclacan.wordpress.com/2014/09/25/ le cours-de-jacques-alain-miller/
[30] Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Extimité », op. cit.
[31] Lacan J., « Intervention sur le transfert », Écrits, op. cit., p. 221.
[32] Ibid.
[33] Ibid.
[34] Lacan J., « Joyce le Symptôme », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 569.
[35] Ibid
[36] Là aussi, voir notre article : « Celui de l'autre femme », op. cit., p. 31-32. Cf aussi : Solano-Suarez E., « Un couple à quatre », Quarto, n° 109, décembre 2014, p. 26-29.
[37] Lacan J., Le Séminaire, livre XVI, D'un Autre à l'autre, Paris, Seuil, 2006, p.335 et 387. Cf aussi Rose-Paule Vinciguerra, « Position hystérique et position féminine », Revue de l'ACF Normandie, 1992, p. 31.
[38] Lacan J., Le Séminaire, livre XVI, D'un Autre à l'autre, op. cit, p. 387.
[39] Freud S., « Fragment d'une analyse d'hystérie (Dora) » Cinq psychanalyses, op. cit., p. 71.
[40] Lacan J., Le Séminaire, livre XVII, L'envers de la psychanalyse, op. cit., p. 109.
[41] Cf. Brousse M.-H., « Sur les traces de l'hystérie moderne », disponible à l'adresse :
http://www.lacan-universite.fr/wp¬content/uploads/2011/01/hysterie_6.pdf
[42] Ibid.
[43] Ibid.
[44] Cf. Leblanc V., op. cit.
[45] Lacan J., « Intervention sur le transfert », Écrits, op. cit., p. 222.
[46] Ibid.
[47] Vinciguerra R.-P., « Position hystérique et position féminine », Revue de l'ACF Normandie, juillet 1992, p.31. Ces analyses sont développées et enrichies dans l'ouvrage Femmes lacaniennes, Paris, Éditions Michèle, 2014, p.75-83.
[48] Lacan J., Le Séminaire, livre XVI, D'un Autre à l'autre, op. cit., p. 335 ; nous soulignons.
[49] Vinciguerra R.-P., Femmes lacaniennes, Paris, Éditions Michèle, 2014, p. 81 ; nous renvoyons le lecteur aux analyses développées par cet auteur dans cet ouvrage, p. 75-83.
[50] Pierre Naveau développe ce point dans son livre récent Ce qui de la rencontre s'écrit, chapitre « Les deux jouissances de l'hystérique », Paris, Éditions Michèle, 2014, p. 117-123.
[51] J. Lacan, Le Séminaire, livre IV, op. cit., p. 142, nous soulignons.
[52] Cf. R.-P. Vinciguerra, Femmes lacaniennes, Paris, Éditions Michèle, 2014, p. 81.
[53] Cf le tableau de la sexuation, Lacan J., Le Séminaire, livre xx, Encore, op. cit., p. 73.
[54] Ibid., p. 36.